Bienvenue, visiteur ! [ S'enregistrer | ConnexionFlux RSS  | 

 

Fondeur

USINE DE ROMBAS

Informations :

  • Activité: Fondeur

Envoyer cette fiche par Email

favoriteLoadingAjouter à ma sélection
Fiche créée ou mise à jour par : le 22 mai 2014

Description:

ROMBAS (57, arr. Metz-Campagne, Ch.l.c.)

 

Naissance de l’usine

En 1881 est fondée la Société des forges de Rombas. Après huit années de travaux d’infrastructure, elle devient la Rombacher Hüttenwerke qui entreprend la construction de l’usine de Rombas à proximité immédiate de la rivière.

Deux premiers hauts-fourneaux sont construits entre 1888 et 1890, puis cinq autres entre 1893 et 1902. Le laminoir, également appelé train, est construit en 1904 et alors destiné à la production de rails et de gros profilés (poutrelles). Le haut-fourneau nº 8, mis en chantier en 1914, sera mis à feu en 1920. Ce fut le premier à être muni d’un monte-charge de type Staeler-Gogotski.

 

De 1919 à 1944

L’incorporation de la sidérurgie de la Lorraine annexée dans l’économie française n’est pas sans difficulté, les installations étant vétustes et usées par une exploitation intensive, d’autant qu’une crise des approvisionnements, notamment du coke, complique la situation. La fin de la Première Guerre mondiale coïncide avec l’arrivée d’une figure marquante dans l’histoire de l’usine, l’ingénieur Jacques Laurent. Affecté en 1919 en tant qu’officier au service des forges à Metz, il est chargé de diriger les usines allemandes mises sous séquestre en Lorraine. Il devient le directeur commercial de la Société lorraine des aciéries de Rombas (SLAR) créée pour relancer l’usine de Rombas, qui regroupe les usines de Rombas et Maizières-lès-Metz. Pour la reconstruction et la réparation de huit hauts-fourneaux et de six trains de laminoirs, il obtient des investissements nombreux dont la majeure partie est autofinancée. Il contribue également à la création de filiales : un réseau de vente des aciers en France (la Société de dépôt et d’agence de vente d’usines métallurgiques ou Davum) et à l’exportation (Sogeco puis Davum-Exportation). En 1929, il achète les brevets de production de palplanches propriétés de la société Larssen. Le laminage à chaud des palplanches devient alors une spécialité de l’usine de Rombas, unique en France. Des millions de tonnes produites de toutes dimensions sont expédiées dans le monde entier (en Égypte par exemple pour la sauvegarde des temples de Philæ, à Rotterdam pour la construction d’une gigantesque digue ou encore à Lisbonne où sont réalisés des quais pour l’accostage de superpétroliers). La société réussit à atteindre entre 1928 et 1929 le maximum de sa production pendant que le programme de modernisation s’applique à reconstruire quatre hauts-fourneaux, remplacer l’aciérie Thomas et installer un train continu à billettes. L’usine de Rombas ouvre un port à Richemont sur le canal des mines de fer de la Moselle, amorce d’une liaison fluviale jusqu’au Rhin. En 1938, une aciérie électrique de 30 tonnes complète les quatre fours de l’aciérie Martin de 25 tonnes élaborant toutes les qualités d’acier au carbone et d’aciers spéciaux, chauffés à 1 800 °C.

Lorsque la guerre est déclarée en 1939, Jacques Laurent est autorisé à continuer de s’occuper des usines de Rombas, où il prend les mesures de sécurité jusqu’aux bombardements des usines par l’aviation allemande en 1940. Il n’applique pas l’ordre de faire sauter les hauts-fourneaux, mais verrouille la production en rendant hors d’usage l’unique soufflante à vapeur encore en fonction, dont il fait charger les pièces indispensables à sa remise en route future, sur un camion envoyé à Saint-Chamond. Durant les quatre années de guerre, aidé par les cadres et contremaîtres ayant fui l’usine de Rombas, Jacques Laurent utilise l’usine de Guérigny pour produire de l’acier et permet ainsi à de nombreux Lorrains de fuir leur territoire devenu allemand vers la zone libre.

 

Après-guerre

La remise en état de l’usine est amorcée, mais sa production ne recommence qu’en 1945. Jacques Laurent qui est revenu à Rombas depuis fin 1944, s’applique à développer de nombreux points de vente pour Davum dont il a été nommé Président, et pour Davum-Exportation. En 1950, il crée Sidélor, regroupement de plusieurs usines du groupe Marine-Micheville-Pont-à-Mousson autour de la SLAR. Nommé président de Sidélor puis de la Société des forges et Aciéries de Dillingen (Sarre) en 1953, il effectue à nouveau des voyages aux États-Unis pour réaliser les investissements utiles à ces deux sociétés et devient vice-président de la chambre de commerce et d’industrie de Moselle. Il prend sa retraite de Sidélor en 1956.

En 1962, les hauts-fourneaux peuvent produire 3 600 tonnes de fonte par jour. Le chargement des matières s’effectue par bennes pour cinq de ces hauts-fourneaux et par double skip pour les trois autres plus modernes (R 5 à R 7).

Une partie des hauts-fourneaux est définitivement arrêtée entre 1975 et 1984.

 

Chronologie de l’usine de Rombas :

1881 – Création de la Société des forges de Rombas. Travaux d’aménagement.

1888-1890 – Construction des deux premiers hauts-fourneaux.

1893 – Mise à feu du haut-fourneau no 3.

1898 – Mise à feu du haut-fourneau no 4.

1900 – Première aciérie de procédé Thomas, Cimenterie. Mise à feu des hauts-fourneaux n° 5 et 6.

1902 – Janvier – Allumage du haut-fourneau no 7

1905 – Rachat de l’usine de Maizières-les-Metz (57, arr. Metz-Campagne, Ch.l.c.), (quatre hauts-fourneaux) au groupe belge Sambre-et-Meuse.

1913 – Avec 506 000 tonnes de fonte produites, l’usine de Rombas arrive en tête de la production en Lorraine.

1919 – 18 novembre – Création de la Société lorraine des aciéries de Rombas, regroupant les mines et usines de Rombas et Maizières.

1920 – Mise en chantier du haut-fourneau no 8.

1931 – Construction de la seconde aciérie Thomas.

1939 – Les huit hauts-fourneaux sont à feu.

1950 – 28 décembre – Sidélor, (Union sidérurgique lorraine), réalise la fusion de dix mines de fer, deux usines à chaux, et de huit usines sidérurgiques essentiellement en Lorraine dont le pôle de Rombas est le plus important.

1964 – L’usine produit 1,4 million de tonnes de fonte annuel.

1968 – Création de Wendel-Sidélor par le regroupement de Wendel et Cie (société anonyme), l’Union sidérurgique lorraine et la Société mosellane de sidérurgie (SMS).

1973 – Wendel-Sidélor absorbe sa filiale Sacilor et devient Sacilor – Aciéries et Laminoirs de Lorraine.

1978 – Arrêt des petits trains puis de l’aciérie.

1984 – Unimétal est créée et reprend l’activité des produits longs de Sacilor et Usinor.

1998 – ISPAT rachète Unimétal.

1993 – Juillet – Arrêt du laminage et de la fabrication de palplanches.

1998 – Fermeture du no 7 puis du dernier haut-fourneau no 5. Démantèlement.

2001 – Démolition du dernier haut-fourneau.

Sources et liens externes

Sources : 1) Wikipedia - 2) MOINE (Jean-Marie), Les barons du fer, Presses universitaires de Nancy, 1989, passim.
Numéro d'identification de la fiche : N/A

 

1203 vues au total, 1 vues aujourd'hui

  

Ces fiches peuvent aussi vous intéresser :


Autres fiches de la même catégorie :

Retour à la catégorie

no-image
 

Fondeur

MARCHI

Salvatore Marchi a été l’un des nombreux propriétaires de la maison Raffl. On peut voir son nom à l’Exposition universelle de Paris de 1889 : « Anciennement ...

10 septembre 2018

529 vues au total, 0 vues aujourd'hui

no-image
 

Fondeur

DAMMARIE

Le fourneau de Dammarie-sur-Saulx avait été créé par des chaudronniers auvergnats en 1590. Son expansion est liée à l’arrivée des frères Vivaux en 1840 qui i...

23 juillet 2018

337 vues au total, 0 vues aujourd'hui

no-image
 

Fondeur

GOUGE

Diplômé des Arts et Métiers (Angers, promotion 1864), Auguste Gouge débute comme dessinateur et appartient successivement aux établissements Cail et Cie, Eiffel...

23 juillet 2018

327 vues au total, 0 vues aujourd'hui

QR CODE