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Sculpteur

THOMAS Eugène Émile

Informations :

  • Prénom: Eugène Émile
  • Nationalité: Française
  • Activité: Sculpteur
  • Date et lieu de naissance et de décès: Né à Paris le 6 février 1817 - Décédé à Neuilly-sur-Seine le 2 janvier 1882

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Fiche créée ou mise à jour par : le 22 mai 2014

Description:

Élève de Pradier. Il exposa au Salon de 1843 (Vénus) à 1874. Il se rendit à Rome vers 1846 où il exécuta quelques statuettes. Il obtint de nombreuses commandes de l’État dont plusieurs destinées aux églises Saint-Séverin, Saint-Louis-d’Antin, Saint-Sulpice, Sainte-Élisabeth, La Trinité. Il sculpta également une Vénus (Musée de Moulins), la statue du Général Daumesnil (Fort de Vincennes). Il fit également un certain nombre de bustes de personnages connus : prince Louis-Napoléon, président de la République française, Champollion, Raspail, Pradier, Alexandre Dumas père (Kjellberg dit : fils), Émile de Girardin, Théophile Gautier… Plusieurs œuvres à Arras : portrait de Monseigneur Parisis, statue du Cardinal Latour d’Auvergne (tombeau dans la cathédrale), Saint Joseph (couvent des Urusulines), statue de Madame Grandguillaume (cimetière d’Arras), fonte de fer par le fondeur d’art Brochon (voir fiche). Un petit buste de Napoléon III au château de Compiègne.

Nombreuses œuvres citées par Bénézit sans précision de matière.

Parmi les œuvres citées par Lami (t. VIII, p. 299-301) :

Le prince Louis-Napoléon, président de la République, buste en bronze (Salon, 1850)

– Ambroise-Guillaume Aubé, président du tribunal de commerce, buste en marbre, et une répétition en bronze

 

Annexe : Article de Zola sur Émile Thomas – La Tribune, le 30 août 1868 – Causerie (1)

J’ai lu dernièrement, dans un journal, une nouvelle intéressante qui a passé trop inaperçue. Qu’on me permette de la recueillir. Il paraît que l’empereur avait commandé, il y a quelques années, une Vénus au sculpteur Émile Thomas Cette Vénus est achevée, et l’artiste, avant de la livrer à son propriétaire, l’a exposée dans son atelier. Le journal ajoute : “C’est du reste un tour de force d’éclectisme. M. Émile Thomas a su donner à son sujet la forme attique irréprochable, la grâce de Louis XV et l’ampleur de la Renaissance. La déesse sort de l’onde et tient sa tunique suspendue entre les curieux et le contour divin qui les attire. S’habille-t-elle pour Vulcain ou se déshabille-t-elle pour Mars ?” Soyez certains qu’elle se déshabille. Elle ôte ses derniers voiles et s’offre au dieu de la Guerre, avec la tranquille impudicité d’une femme qui sait que la couche des grands ne déshonore pas ; elle y entrera en déesse et en sortira reine toute-puissante. Il n’y a que les petites-bourgeoises qui ont la pudeur ridicule de se couvrir devant leurs amants ; les duchesses et les marquises de l’Olympe vivent toutes nues dans les palais de ce monde, dédaigneuses du jugement des simples mortels. Quant à Vulcain, au mari, il est peut-être quelque part, au ciel ou sur la terre ; il mange, il boit, il dort ; il est parfaitement heureux. Sa femme aidant, les dieux lui servent de bonnes rentes. Lisez attentivement les quelques lignes que j’ai citées plus haut. Elles sont pleines de précieux enseignements. Le rédacteur parle d’éclectisme. J’entends ce qu’il veut dire. La Vénus en question est faite pour contenter tous les désirs. Elle a les formes pures d’une maîtresse d’Alcibiade, l’embonpoint voluptueux d’une maîtresse de François Ier, la grâce libertine d’une maîtresse de Louis XV. Trois femmes en une seule, quel raffinement merveilleux ! Si vous aviez cette Vénus dans votre cabinet, vous pourriez changer d’amante trois fois par jour, vous croire Alcibiade, François 1er et Louis XV, ou mieux encore, être à la fois ces trois personnages et goûter un étrange plaisir en prenant pour idole un monstre femelle qui est une incarnation de la trinité du libertinage. Et remarquez que le rédacteur aggrave encore sa description. Il parle du bout d’étoffe dont la déesse feint de se voiler pour se faire désirer davantage. Il avoue qu’il y a des curieux qui sont attirés par les contours divins de la dame et qui veulent les examiner de près ; mais la tunique gêne leurs regards, et ils n’en éprouvent qu’une envie plus âpre de tout voir. Je jugerais que le rédacteur qui nous parle de cette Vénus avec un tel enthousiasme, a fait le tour de la statue pour ne rien perdre de sa nudité. Je suis persuadé que M. Émile Thomas regrette à cette heure la réclame de son imprudent ami. L’empereur n’a pu commander une pareille idole ; il avait laissé une entière liberté au sculpteur, et celui-ci a compris son sujet d’une façon trop égrillarde. Il peut être certain que sa Vénus ira dormir dans un grenier des Tuileries. Je l’engage vivement à accommoder sa statue d’une autre façon, s’il en est temps encore. Ne pourrait-il pas, par exemple, avec quelques coups de marteau, en faire une déesse de la Paix ? Nous sommes vieux, le temps des amourettes est passé pour nous, et nous avons, avant tout, besoin de tranquillité. La Paix ferait singulièrement notre affaire. D’ailleurs, M. Émile Thomas, qui est un artiste très habile, n’aurait que peu de détails à changer : il enlèverait la tunique, taillerait dans une des cuisses de la déesse une belle et bonne jambe de bois, et lui balafrerait la joue droite d’un large coup de sabre. Je sais que la Vénus ainsi attifée serait peu agréable à voir, et qu’elle n’éveillerait plus des idées tendres ; mais elle serait digne d’un grand prince et conviendrait parfaitement au chef d’un pays qui vient de faire l’expédition du Mexique et qui est peut-être à la veille de rentrer en campagne. Je soumets ce projet d’une statue de la Paix à M. de Nieuwerkerke. Le gouvernement paraît très embarrassé pour encourager les artistes ; il leur commande de loin en loin un dieu ou une déesse, les paie fort mal, et parle bien haut de son amour pour les arts. La vérité est que le second Empire ne comptera ni un grand peintre, ni un grand sculpteur, ni un grand écrivain. Les seuls artistes que l’on encourage réellement, ce sont les maçons de M. Haussmann. On leur a livré une ville entière, et ils en ont fait une ville de plâtre, de carton-pierre et de simili-marbre. Il y aurait trop à dire sur la complète incapacité de notre ministère des Beaux-Arts. Puisque la Vénus de M. Émile Thomas m’amène aujourd’hui à causer peinture et sculpture, je me contenterai d’écrire quelques lignes au sujet des envois de Rome et des grands prix de cette année dont l’exposition publique a lieu en ce moment. Je sais que l’Administration ne peut faire pousser des hommes de génie ; mais, dès l’instant où elle offre sa tutelle, elle devrait au moins régner avec intelligence sur son petit peuple d’artistes. Elle tient en main la fortune des sculpteurs et des peintres, elle distribue les commandes et se trouve ainsi complice de toutes les œuvres médiocres qu’elle inspire. Jamais elle n’a choisi une personnalité jeune et vivante. Elle est en plein dans la routine, dans le poncif, malgré ses prétendus règlements libéraux relatifs aux Salons annuels et à l’École des beaux-arts. Il y a tant à faire cependant ! L’âge démocratique où nous entrons exigera un art viril. Les déesses nous ennuient déjà ; elles sont blafardes et maigres, ces pauvres déesses égarées dans notre siècle de science ; il n’y a plus que les vieillards qui s’aperçoivent de leur nudité. Nos fils les mettront au grenier, honteuses et crottées, et demanderont aux artistes de créer des hommes ; ils refuseront les dieux d’une religion morte, ils voudront avoir les images des sages et des héros de la patrie. Et les artistes seront impuissants, parce qu’ils auront toujours vécu en Grèce et qu’ils ignoreront le génie de la France. Allez voir à l’École des beaux-arts ce que l’on fait des élèves, des grands hommes de demain. Le sujet du concours de sculpture était cette année : “Thésée sortant du labyrinthe et remerciant les dieux.” Voilà qui est plein d’actualité. Si jamais l’Administration charge l’élève qui a remporté le prix de faire la statue de M. Belmontet, vous verrez comme il attifera le député-poète ; moi je suis d’avis qu’il le représente en Amphion, tout nu, avec une lyre, assis sur le haut d’une colline. D’ailleurs, je soupçonne M. Noël, le lauréat, d’être un garçon rusé et ingénieux. Son Thésée ressemble singulièrement à M. Rouher. Peut-être ai-je trop pris à la lettre le sujet du concours, peut-être ce sujet renferme-t-il une fine allégorie. La tête du Minotaure sur laquelle le Thésée de M. Noël pose le pied a comme un air de famille avec le visage bien connu d’un député de l’opposition. Tout s’explique : nous sommes au lendemain de la clôture des Chambres, M. Rouher est sorti vainqueur de l’antre maudit, grâce au fil d’une Ariane moderne, et il chante son triomphe sur l’air de La Reine Hortense. Si M. Noël a compris le sujet de cette façon, je trouve qu’il a bien mérité son prix. On peut aimer ou ne pas aimer M. Rouher, mais on ne saurait nier qu’il nous intéresse plus que Thésée. Par grâce, assez de héros grecs ! Je préfère encore être condamné à voir défiler devant mes yeux les statues de tous les amis du gouvernement. Quand le cortège de ces messieurs aura passé, on songera à nos grands citoyens. Le sujet du concours de peinture était : La Mort d’Astyanax. Vraiment, il y avait longtemps que nous n’avions vu Andromaque, Hector, Ulysse, Calchas, toute la défroque antique dont on abuse dans les arts depuis deux mille ans. On dirait que nous n’avons pas d’histoire nationale. Nos héros sont jugés indignes de l’art ; on livre leurs belles actions à d’infimes barbouilleurs, et on loge les toiles ridicules de ces barbouilleurs dans les greniers de Versailles. Notre musée historique est fait pour donner des nausées à un homme de goût. M. Blanchard, le lauréat, a paru cependant comprendre qu’il était temps de rajeunir les sujets antiques. Il a strictement suivi le texte du concours, tout en donnant à son œuvre un vague parfum moderne. Ainsi, son bourreau est un Arabe qu’il a pris dans un tableau de Fromentin ; son Astyanax, qui se débat en criant, ressemble à un jeune saltimbanque que je vois souvent sur la place Moncey ; quant à son Andromaque, à cette belle fille blonde et rose, elle habite rue Notre-Dame-de-Lorette, où les passants peuvent la voir à sa fenêtre, fumant des cigarettes. Chaque fois qu’un élève de notre École cherchera le côté moderne, il atteindra forcément ce résultat. Ce n’est pas après avoir vécu pendant plusieurs années avec les morts qu’on peut peindre les vivants. Il faut que nos jeunes artistes sucent dès l’enfance le sein âpre de la réalité. Alors seulement, ils verront la vie et sauront en interpréter les grandeurs vraies. Les envois de Rome me donnent mille fois raison. Ces envois sont navrants. L’éducation artistique qui produit de pareilles œuvres, est condamnée à jamais. Tout le monde a fait cette remarque décisive, qu’un élève, perdant ses cinq ans de séjour à Rome, devient un peu plus médiocre chaque année ; quand il arrive, il a parfois de la fougue et de l’originalité ; quand il sort, il est toujours vide et plat à faire peur. De l’Automédon, de M. Regnault, élève de première année, à L’Ensevelissement de Moïse, de M. Monchablon, élève de cinquième année, les envois de la villa Médicis passent du mauvais au pire. Je crois que, si les jeunes artistes restaient une année de plus à Rome, ils auraient oublié en revenant en France jusqu’à leur langue maternelle. Je signalerai une seule toile, La Néréide, de M. Mailtard, élève de troisième année. Je ne sais si l’empereur achètera ce tableau : la femme nue qui s’y vautre est la soeur de la Vénus de M. Émile Thomas. J’ai rarement vu une nudité plus outrageusement nue ; si encore c’était une figure d’étude, mais les chairs de cette dame sont d’un rose tendre qui se nuance des sept couleurs de l’arc-en-ciel ; le regard est violé par les tons crus de cette poupée voluptueuse qui est toute grasse d’onguents et d’huiles de toilette. Et voilà où en sont nos sculpteurs et nos peintres. Quand ils ne s’endorment pas dans la poussière des tombeaux antiques, ils prennent nos lorettes pour modèles et les baptisent d’un nom de déesse, ce qui leur permet de les produire sans chemise dans la bonne société. Rien de viril. Un art de pacotille, des plagiats ou des images qui frisent la polissonnerie. J’oubliais. Nos sculpteurs ont encore une ressource pour gagner leur pain, celle de faire la statue en pied du prince impérial. Vous n’ignorez pas qu’on va placer dans une salle de l’Hôtel de Ville une reproduction du marbre de Carpeaux représentant la jeune altesse. Seulement, comme dans l’original une main de l’enfant s’appuyait sur un gros chien, et comme décemment un chien ne peut pas avoir son portrait à l’Hôtel de Ville, on a décidé que le chien disparaîtrait et qu’on le remplacerait par un chapeau. C’est très ingénieux. On a annoncé que la statue du prince ferait pendant à celle d’Henri IV enfant. Je m’abstiens de tout parallèle. Je me permettrai seulement de faire remarquer qu’il eût été peut-être plus convenable d’attendre que la jeune altesse fût arrivée à l’âge de soixante ans, pour la représenter dans sa douzième année. On aurait sans doute pu expliquer alors son voisinage avec un de nos anciens rois. Ce n’est pas tout. Dès que le préfet de Valenciennes a su qu’il existait une statue du prince impérial, dont on pouvait se procurer une reproduction pour la modeste somme de trois cent quatre-vingt-dix francs, il a demandé au conseil général de vouloir bien voter cette somme. Tous les préfets vont être forcés de l’imiter pour ne pas paraître tièdes. Chaque chef-lieu aura son petit prince. À coup sûr, la concurrence va s’en mêler. M. Carpeaux cède sa statue à trois cent quatre-vingt-dix francs. M. Émile Thomas va sans doute en faire une qui ne vaudra que trois cent quatre-vingt-cinq francs. Mais, j’y songe, s’il utilisait sa Vénus ? Peut-être, dans cette jolie fille, trouverait-il assez de marbre pour tailler un grand homme de douze ans.

Sources et liens externes

Sources : Dictionnaire Bénézit, dictionnaire Lamy, Les bronzes du XIXe siècle, dictionnaire des sculpteurs (Kjellbert Pierre, les Éditions de l’amateur, Paris, 1996), L’univers des bronzes (Devaux Yves, Éditions Pygmalion, Paris, 1978), L’âge de la fonte (Renard Jean-Claude, Les éditions de l’amateur, Paris, 1985), Wikipédia.
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