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Fondeur

SUSSE

Informations :

  • Activité: Fondeur

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Fiche créée ou mise à jour par : le 16 août 2015

Description:

Dates :

1832, en activité

1832-1840 : production entièrement sous-traitée

1840/vers 1876-1906 : ateliers de fabrication

Vers 1876-1906/aujourd’hui : atelier de fonderie

 

Adresses :

Galeries :

– 6 et 8 passage des Panoramas, Paris IIe (quartier Vivienne), 1804-1841

– 31 Place de la Bourse, Paris IIe (quartier Vivienne), 1840-1925 (et probablement ateliers vers 1850)

– 13 et 15boulevard de la Madeleine, Paris Ier (quartier Place Vendôme), 1902-1951

– 8 rue Boissy-d’Anglas, Paris VIIIe (quartier Madeleine), 1950-1955

Ateliers :

– 12 rue de Ménilmontant, Paris XXe (quartier Père-Lachaise),1849 ?

– 7 avenue Jeanne d’Arc, Arcueil (Hauts-de-Seine), 1924-aujourd’hui

Ateliers de céramique :

– 27 rue Diderot, Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), 1920-1939

Adresse actuelle :

– 7 avenue Jeanne d’Arc, 94110 – Arcueil – http://www.Susse.fr

 

Toujours en activité

 

Signatures, poinçons et cachet :

Susse Editr      Susse Ed          Susse – fres

SUSSE Fres       Susse Fres

Susse Fres Edts Paris      Susse fres Fondeurs Editrs

SUSSE Fres EDITRS PARIS

 

Trois poinçons ronds, légende autour d’outils : marteau, tenailles, pince :

SUSSE FRERES FONDEURS / PARIS

SUSSE FRERES / EDITEURS / PARIS

SUSSE FRERES EDITEURS / PARIS

 

Autres signatures :

Susse Fondeur Paris

SUSSE FONDEUR PARIS

SUSSE FONDEUR.PARIS

 

HISTOIRE

 

L’histoire de la famille Susse commence en 1749 : Jean Susse (né en 1726), menuisier lorrain, s’installe à Paris où il fait carrière. L’un de ses 17 enfants, Nicolas (né en 1770), graveur, s’associe à un « artiste-mécanicien » pour créer une fabrique de papier à vignette gaufré. Les deux hommes s’installent en 1804, 7 Passage des Panoramas, haut-lieu de la mode parisienne. L’arrivée d’un des frères, Michel-Victor Susse, amplifie la réussite de ces papetiers qui se spécialisent dans le papier de grande qualité et les « nouveautés ».

En 1816, ils s’agrandissent au 8 du même passage. Ils ajoutent à la vente de papier celle de matériel pour peintres (et s’offrent une succursale place de la Bourse). Certains peintres désargentés les paient en œuvres : ils ouvrent une galerie de peinture et entament une carrière d’éditeurs en publiant des manuels de dessin et de peinture. Picel-Victor se retire en 1836 laissant l’entreprise à ses trois fils Victor, Amédée et Eugène qui adoptent la raison sociale : « Susse frères ».

 

1) « Susse frères »

En 1832, Jean-Pierre Dantan, frère du sculpteur Antoine-Laurent Dantan, crée un portrait-charge sculpté du peintre Guillaume Lepautre. Dantan qui éditait chez les Susse des lithographies de ses caricatures, s’adresse à eux pour éditer ses bustes, dans un premier temps en plâtre. Les Susse lui ajoute rapidement d’autres contemporains. Ils passent avec le sculpteur Charles Cumberworth le « premier contrat d’édition ». De nombreux accords équivalents ainsi qu’un contrat en bonne et due forme avec Nieuwerkerque, le 23 janvier 1838, le sculpteur cède à Susse l’entière propriété d’un groupe de cavaliers combattant, contre une épreuve de bronze, 5 plâtres et autant de moulages ultérieurs qu’il le désirera (plusieurs contrats avec différents sculpteurs, voir Lebon, p. 237).

Ayant d’abord entièrement sous-traité leur production, les Susse crée leur premier atelier de fabrication (montage, ciselure et patine) en 1840. Ils entrent cette année-là, en tant que membres titulaires à la Réunion des fabricants de bronzes, dont Victor deviendra vice-président en 1848. Leur catalogue propose bientôt, à côté des inévitables antiques, des classiques et contemporains, de la sculpture religieuse et des effigies d’hommes politiques.

En 1847, ils font l’acquisition du procédé de réduction Sauvage (qui tombera dans le domaine public en 1851. Ils ne commercialisent dans un premier temps que de petites pièces.

La boutique Place de la Bourse offre un grand éventail d’objets de tous ordres dont la diversité fait que la clientèle bourgeoise qui y fait ses emplettes entre en contact avec le marché de l’art.

Les frères Susse ouvrent un autre atelier de fabrication en 1849, 12 rue de Ménilmontant. Au moins jusqu’à la fin des années 1870, la maison Susse sous-traite entièrement ses fontes (au sable) (Quesnel, Eck et Durand, Allard, Culan…) avant d’ouvrir leur propre atelier de fonderie en 1876.

Les Susse sont les premiers, dans mes années 1840, à inscrire systématiquement sur chaque épreuve, le nom de l’artiste ; la maison Susse est aussi la première à éditer un catalogue, dès 1839 et à l’étoffer régulièrement. Susse devient rapidement le principal concurrent de Barbedienne.

À la mort d’Eugène en 1848, Amédée et Victor se spécialisent, le premier dans la papeterie, le second dans le commerce de la peinture et de la sculpture. Au début des années 1860, la part du commerce des bronzes prend de plus en plus d’ampleur, spécialement dans les bronzes pour pendules.

Vers 1875, les Susse exportent 50% de leur production.

Albert Susse, fils d’Amédée, entre à son tour dans l’entreprise. À la mort de son père, en 1880, il la dirige avec son frère Léon. Cette direction collégiale est officialisée en avril 1889, créant pour cinq ans une nouvelle société : « Susse frères ».

 

2) « Susse frères »

L’exploitation de la « maison de commerce de papeterie, fantaisies et fabrication et vente de bronzes d’art » continue. Albert y est plus spécialement chargé des « bronzes et fantaisies ».

À partir de 1887, Albert reste seul directeur, jusqu’en 1904. L’édition de bronzes prend alors une part prépondérante. À l’Exposition de l’Union centrale des arts décoratifs en 1892, Albert Rose, reçoit la médaille d’or de la ciselure.

À l’exposition universelle de Chicago en 1893, Albert Susse fustige les contrefaçons commercialisées à partir de surmoulages par les Américains. En 1902, il ouvre une galerie au 13-15 boulevard de la Madeleine. Il est élu président du Syndicat des fabricants de bronze en 1909. Il va œuvrer pour la mise en place d’une législation protégeant le bronze d’Art.

Après s’être adjoint son fils Jacques en 1904, Albert se retire en 1911. Il revend l’entreprise à Jacques en 1914.

À partir de 1911, le bottin mentionne pour la première fois les « monuments ». À partir de 1912, ils se présentent aussi comme « fondeurs » renforçant l’accent mis sur la fonte artistique.

Jacques Susse sera un dirigeant passionné et actif. En 1918, il ouvre une manufacture de terres cuites et de céramiques artistiques et industrielles, au 27 rue Diderot à Issy-les-Moulineaux et commence à y fondre à cire perdue.

Dans les années 1915-1920, Susse comme la fonderie Alexis Rudier, produit quelques fontes d’aluminium à cire perdue dans l’idée de fournir à moindre frais des pièces à la mode. Des difficultés techniques amènent à l’abandon rapide de cette production.

En 1921, Albert Susse crée le Prix Susse frères qui récompense les meilleurs apprentis. Il meurt en 1922. Ce prix a cessé d’être remis à une date inconnue.

Jacques décide de la fermeture de la galerie de la Place de la Bourse en 1925. Les ateliers attenants sont transférés 7 avenue Jeanne d’Arc à Arcueil. Il fait réaménager la galerie du boulevard de la Madeleine. Il y expose des artistes contemporains. L’accent est toujours mis sur les jeunes artistes. En 1927, Jacques Susse transforme l’entreprise en société anonyme.

En 1930, le procédé de Réduction Sauvage est abandonné au profit du réducteur de Brunet, jugé plus performant.

Les ateliers Susse avaient déjà fourni des monuments colossaux : le colossal Roi de Siam à Cheval en 1906, à Bangkok (de Saulo et Masson), la statue équestre du Général San Martin d’Allouard, à Boulogne-sur-Mer, en 1919. Jacques Susse renforce l’activité de son entreprise dans cette voie. En 1909, la fonderie réalise le Général Alvear à cheval, de Bourdelle, à Buenos-Aires. À l’exposition universelle de 1937, elle est chargée de la France de Bizette-Lindet et de l’Artisan de Silvestre ; puis pour l’Égypte deux épreuves du monument à Zaghloul Pasha de Moukhtar.

Pendant la seconde guerre mondiale, l’immeuble du boulevard de la Madeleine est vendu, mais Susse en reste locataire. En 1948 Jacques Susse confie la direction de ses affaires à son fils André qui le secondait déjà depuis 1933, aussi passionné et efficace que ses prédécesseurs. En 1949, il ouvre un nouveau magasin rue Boissy-d’Anglas. Poursuivant avec acharnement sa politique de fondeur au service de l’art, il entame une véritable tournée des artistes ainsi que des commanditaires potentiels. Avec sa femme, ils fréquentent Giacometti, Léger, Braque, Ernst, Dali, Zadkine… La fonderie Susse est l’une des rares à résister à une crise dévastatrice qui ne laisse qu’une poignée de fonderies actives au début des années 1950.

Après 1951, André Susse ne conserve que les ateliers d’Arcueil et le magasin de la rue Boissy-d’Anglas. Il mise toujours sur les jeunes artistes. Il leur propose par exemple un système original d’édition à plusieurs exemplaires qui ne sont exécutés, et payés par l’auteur, qu’au fur et à mesure qu’ils trouvent acheteur. Un contrat particulier, nommé le « un pour un » permet de pratiquer un mécénat indirect qui fidélise les nouveaux créateurs : un moule et un bronze gratuit sont cédés au sculpteur, qui en échange cède, au moment qui lui parait opportun, un bronze gratuit au fondeur.

En 1953, André Susse abandonne définitivement son activité d’éditeur, qui ne trouvait plus de débouchés, pour devenir uniquement « Susse fondeur ». Le magasin de la rue Boissy-d’Anglas est fermé en 1955 et l’activité se concentre à Arcueil.

La fonderie travaille avec la plupart des artistes contemporains ; elle est très performante pour les fontes monumentales. Elle sort le célèbre Monument pour une ville détruite de Zadkine (1954, Rotterdam) (la plupart des collections en bronze du musée Zadkine ont été fondues par Susse), Construction spatiale aux troisième et quatrième dimensions, par Pevsner (1973, Genève).

André meurt subitement en avril 1961. Sa femme Arlette prend sa relève dès le lendemain. Elle subira la seconde grande crise de la fonderie : la maison Susse avait su éviter de sombrer dans l’anéantissement des fabricants de bronzes de série en se retournant vers les artistes. Elle se heurte maintenant au désintérêt des artistes et des collectionneurs des années 1960-1970 pour l’œuvre en bronze. Les employés disparaissent, le matériel devient obsolète.

En 1967, Arlette Susse crée le Prix André Susse qui est depuis chaque année décerné par la fonderie (il est ouvert à tous les sculpteurs âgés de moins de 45 ans).

En 1975, Arlette Susse prend sa retraite. Elle vend l’entreprise et le nom « Susse fondeur » à un Anglais, Edward Pineles. Alexandre Paget, qui était chef d’atelier, est nommé directeur de la fonderie. Il est remplacé en mai 1983 par Charles Pineles, fils d’Edward qui engage une politique de modernisation indispensable : introduction du sable synthétique et de moules en élastomère au lieu de la gélatine, installation de palans, de matériel de coulée sous vide et de fours à gaz dirigés par ordinateur…

Dans mes années 1980, la fonderie travaille beaucoup avec les musées et les grandes successions. La direction prend une fois encore le risque de miser sur de nouveaux talents. Il est décidé que 25 % de la production serait systématiquement réservé à de grands artistes, remarqués par le fondeur.

Les années 1986, la fonderie connait de nouvelles épreuves. Elle puise l’essentiel de ses débouchés dans les musées qui représentent 75 % de la clientèle. Mais le carnet de commandes chute brutalement (78 %) entre 1992 et 1996.

À la suite d’un procès sur les fontes posthumes de Max Ernst, la fonderie Susse, qui pourtant en sort lavée, est placée en redressement judiciaire en 1994 et est acculée à une liquidation prononcée en 1995.

Néanmoins, grâce à la fidélité de son personnel et de sa clientèle, à l’injection de nouveaux capitaux par une fonderie anglaise, Burleighfield Arts Ltd, à l’intervention personnelle de son dateur, Éric G. Gibbard, la fonderie Susse poursuit aujourd’hui son activité sous le nom : « Susse Fondeur Société nouvelle ».

En 1993, Charles Pineles crée la société : « Susse Frères Limited » qui exploite le capital d’histoire et de connaissances sur le bronze d’art engrangé au cours des siècles par la fonderie, nourri d’archives exceptionnellement fournies (quoiqu’André Susse en ait détruit une partie en 1955). Directeur : Hubert Lacroix en 2005.

En particulier, le pesage de chaque épreuve, avant sa sortie de l’atelier, depuis 1953, couplé aux inventaires informatisés des artistes, des œuvres et des tirages, permettent une authentification ultérieure très sûre. Cette activité en pleine expansion consiste à produire des expertises et des certificats d’authenticité pour les collectionneurs et les commissaires-priseurs internationaux. L’entreprise propose des services étendus à la conservation ou à la restauration d’œuvres en bronze, à la recherche d’artistes ou d’œuvres selon différents critères (style, taille, thèmes).

 

Arbre :

Jean Susse (né en 1726)

  • Nicolas (né en 1770)
  • Michel-Victor (1)

Michel-Victor (1)

  • Victor
  • Amédée († 1880)(2)
  • Eugène († 1848)

Amédée (2)

  • Albert († 1922) (3)
  • Léon

Albert (3)

  • Jacques (4)

Jacques (4)

  • André († 1961)

Sources et liens externes

Sources : 1) DEVAUX (Yves), L’univers des bronzes…, Paris,1978, p.289-293. - 2) HACHET (Jean-Charles), Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs, de l’Antiquité à nos jours, 2 vol., 18000 pages, 2005. Les fondeurs, tome II, p.876-878. - 3) KJELLBERG (Pierre),Les bronzes du XIXe siècle (dictionnaire des sculpteurs), Paris, les éditions de l’amateur, 1989, p. 665-676. - 4) LEBON (Elisabeth), Dictionnaire des fondeurs, 2003, p. 236-243. - 5) http://inha.revues.org/3474#tocto2n283
Numéro d'identification de la fiche : 18555d0b99ee9f85

 

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