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Sculpteur

SENTIS

Informations :

  • Prénom: Joseph Gabriel
  • Nationalité: Française
  • Activité: Sculpteur
  • Date et lieu de naissance et de décès: Né à Varennes le 31 août 1855 - Décédé à Villemur-sur-Tarn le 9 septembre 1937
  • Nom d'artiste: Joseph Gabriel Sentis de Villemur

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Fiche créée ou mise à jour par : le 20 juillet 2020

Description:

Joseph Gabriel Sentis de Villemur, tel était son nom d’artiste. Bien que né à Varennes, commune limitrophe du Tarn-et-Garonne, il aimait à se faire appeler ainsi, montrant son profond attachement à sa ville d’adoption.

Il est né le 31 août 1855, précisément à la ferme des Mazères depuis laquelle on aperçoit le clocher de l’église du village. Ses parents Jean et Marie née Marquès, sont de modestes cultivateurs et vont déceler très vite que leur fils est plus doué pour les études que pour l’agriculture. Joseph-Gabriel va fréquenter l’école communale de Varennes, puis pendant deux ans, il perfectionne ses études au petit séminaire de Moissac.

C’est ensuite le retour à Villemur où il exerce le métier de peintre. C’est la période des vaches maigres, où il cherche sa voie, à la poursuite de son rêve : devenir sculpteur.

C’est bientôt la rencontre avec Marguerite Fauré. De 17 ans son aînée, elle est « limonadière », patronne du café, rue Saint-Jean à Villemur ayant succédé dans le métier à son père. Ils se marient en 1884, et c’est une réelle providence pour Sentis car Marguerite, « à l’intelligence avisée, discerna chez son époux des sentiments d’artiste qui méritaient d’être mis en valeur, si bien qu’elle l’orienta sans peine, vers d’autres horizons, et devint ainsi l’instigatrice de la moisson de succès futurs ».

Il entre alors à l’École des Beaux-Arts de Toulouse à un âge avancé mais il rattrape vite le temps perdu, et ses professeurs Alexandre Laborde et Jacques-Jules Labatut se réjouissent bientôt d’avoir un si bon élève.
Ce n’est que le début de sa carrière, car il intègre bientôt la prestigieuse École du Louvre.
Il expose pour la première fois au salon de Sculpture de Paris en 1890, puis obtient une mention honorable en 1894 et une médaille de 3e classe.

En 1895, l’État lui confie une commande pour les galeries du musée de Versailles. Il va alors sculpter ce qui reste son œuvre majeure : la réplique en marbre du buste de l’égyptologue Auguste Mariette (1821-1881) d’après l’œuvre originale exécutée en 1879 par Alfred Jacquemart.

Les récompenses s’enchaînent : toujours en 1895, il reçoit le grand prix de l’Exposition internationale de Toulouse, puis l’année suivante une médaille d’Or à l’Exposition nationale et coloniale de Rouen.

En avril 1898, il est promu Officier d’Académie.

Cette année-là sera faste pour Sentis. À 43 ans, sa carrière va prendre une autre dimension.
Il est choisi par le Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts de Paris, et envoyé comme professeur et chef d’atelier pour fonder l’École de sculpture dans l’Académie des Beaux-Arts de Bahia, à la demande du gouvernement brésilien.

Cette toute jeune Académie, fondée en 1877 à l’initiative du peintre d’origine espagnole Miguel Navarro y Canizares fut soutenue par des artistes et personnalités locales, le but était de donner aux élèves l’habilitation à l’exercice des professions d’architecte, de peintre et de sculpteur. Elle prendra le nom d’École des Beaux-Arts en 1891. Outre Sentis pour la sculpture un autre français, le peintre Maurice Grün fit partie du corps enseignant de l’Académie entre 1893 et 1896. Sous la direction de Sentis, la nouvelle section de sculpture devint rapidement florissante et le gouvernement brésilien ne ménagea pas ses éloges à l’habile et dévoué professeur.

Pendant les cinq années qu’il va passer outre-Atlantique, en plus des cours dispensés à ses élèves brésiliens, il continue bien sûr de sculpter. Deux œuvres retiennent l’attention :

  • Le groupe de l’Apparition pour lequel il obtient du Pape Léon XIII la décoration Pro ecclesia et pontifice
  • La première page de l’Histoire du Brésil, 1e prix au concours international de Bahia en 1900. Le but de ce concours était d’élever à Bahia, un monument en l’honneur de Don Pedro Alvarèz Cabral à l’occasion du 4e centenaire de la découverte du Brésil. La presse brésilienne fut unanime à louer « La justesse du choix et le fini de l’œuvre » de notre compatriote.

De retour en France, c’est tout naturellement à Villemur qu’il se retire, dans sa maison de la rue Saint-Michel. À quelques centaines de mètres de là, sur les hauteurs de la ville la rue du Pech résonne des coups de maillets et masses de l’artiste qui ébauche, affine, cisèle sa future œuvre. C’est là, dans ce quartier populaire qu’il a son atelier, face à la maison qu’il habitera plus tard. Nous savons peu de choses sur ses réalisations à cette époque mais il fréquente toujours le milieu de la sculpture et les salons.

Ainsi en pleine guerre, au mois de février 1917, une exposition de trophées de guerre est organisée par le Comité de Presse, dans le cadre prestigieux du Musée Ingres à Montauban. Dans un salon annexe, est exposée la maquette du monument « La découverte du Brésil » celui-là même ayant été primé lors de son séjour à Bahia. Cette année-là est marquée par le décès de son neveu Marius Chaubard soldat du 283e RI, fauché par un éclat d’obus au Chemin des Dames.

Après l’armistice de 1918, la municipalité de Villemur, Charles Ourgaut en tête, songe à honorer les enfants de la commune morts pour la France, en érigeant un monument à leur mémoire.

Mais ce n’est que le 28 août 1921 que le conseil municipal de Villemur consulte l’ébauche du monument aux morts proposée par Sentis. C’est en effet lui qui a été sollicité pour édifier ce monument, mais qui d’autre pouvait être choisi sinon lui, dont la renommée avait dépassé nos frontières ! Tandis que les discussions s’éternisent sur le lieu où s’élèvera le monument, Sentis, qui vient de perdre son épouse trois mois auparavant, s’enferme dans son atelier du Pech, et travaille à son œuvre.

Sentis a représenté sur un piédestal de granit, un soldat grandeur nature, debout, à l’allure belliqueuse, écrasant l’aigle allemand sous la crosse de son fusil Lebel. Il est nu-tête, le casque Adrian posé à ses pieds. C’est un poilu, un vrai, à la fière moustache. L’allure est martiale, la mise en scène héroïque. La mémoire collective des villemuriens rapporte que ce poilu porte les traits de Marius Esquié surnommé « Lou Saban » (Le savant), ancien combattant et ami intime du sculpteur. C’est finalement la place Notre-Dame qui a été choisie pour accueillir le monument aux morts, inauguré le 26 novembre 1922, dans une ambiance de recueillement et de ferveur peu communes, et c’est aujourd’hui sur cette place devenue « du Souvenir » que l’on peut toujours admirer le chef d’œuvre de Joseph Gabriel Sentis.

Si le « poilu » villemurien est bien évidemment l’original, il y aura des copies car on le retrouvera à quelques variantes près sur quelques monuments aux morts de la région. Certaines statues ont disparu avec le temps : celles de Varennes, Villebrumier, Corbarieu. Mais on peut voir encore celles des monuments aux morts du Born, de Montech, de Salvagnac et de Mirepoix-sur-Tarn.

Nous ne savons rien des dernières années de Sentis à Villemur. Nul doute qu’il passa encore bien des journées dans son atelier du Pech au milieu de ses chers outils de sculpteur. Combien de ses œuvres dorment, oubliées dans quelques musées ou chez quelque particulier ignorant tout de son auteur ?

Il y a quelques années Régis Pinson dans le Tambour de Varennes faisait état d’une sculpture en bronze de Sentis, « Le tireur à l’arc », ayant fait l’objet d’une vente aux enchères à Troyes en 1991. La même sculpture semble-t-il apparaît plus tard aux États-Unis, immergée dans la fontaine d’un parc du New-Hampshire. La signature de l’œuvre JG Sentis ne laisse aucun doute sur l’auteur.

Le vendredi 10 septembre 1937, Marius Esquié, l’ami fidèle, vient déclarer à Désiré Barbe, adjoint au maire, le décès, la veille au soir, de Joseph Gabriel Sentis.

Le quotidien « L’express du Midi » du 14 septembre 1937 relate en ces termes le décès de Joseph-Gabriel Sentis : « Après une longue et cruelle maladie contre laquelle il avait longuement et victorieusement lutté, le sculpteur villemurien Gabriel Sentis, s’est éteint jeudi soir, à l’âge de 82 ans. Homme de bien, catholique fervent, fortement épris de cet esprit de charité, qualités qui contribuent à la grandeur de l’âme, Sentis les possédaient au plus haut degré et heureusement encadrées par une rare humilité ».

Le mystère reste entier, encore aujourd’hui sur le lieu de la sépulture de Joseph-Gabriel Sentis.

Numéro d'identification de la fiche : 8755f159dd40ee51

 

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