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Fondeur

PRENAT ET CIE

Informations :

  • Activité: Fondeur

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Fiche créée ou mise à jour par : le 22 mai 2014

Description:

Compagnie des Hauts-fourneaux et Fonderies de Givors Établissements Prénat 1839-1960

(yves.c.free.fr/prenat-3.htmlyves.c.free.fr/prenat-4.htmlyves.c.free.fr/prenat-5.html)

Fondés dans une plaine alluviale, au bord du Rhône, dans cet important couloir qui conduit de Lyon aux rives Méditerranéennes, au carrefour des vallées du Gier et du Garon, à proximité du Bassin Houiller et du gros centre Métallurgique de la Loire, les Établissements Prénat possédaient à Givors une position qui présentait des avantages industriels et commerciaux certains et expliquait son développement industriel.

Les origines de la Métallurgie à Givors semblent remonter aux Gaulois. On voit en effet dans le Musée Calvet à Avignon un lingot de plomb du poids de quarante-neuf kilogrammes, et portant l’inscription “Ségusiavic”. Monsieur Auguste Bernard (Historien – 1811-1868), dans sa description du pays des Ségusiaves, (Peuple de la Gaule celtique. Ils étaient établis sur la rive droite du Rhône) croit pouvoir situer à Givors la Fonderie d’où provient ce lingot de plomb.

En réalité il faut attendre la fin du XVIIIe siècle et surtout le début du XIXe pour voir apparaître le véritable développement industriel de la région. Il est dû en grande partie aux importants travaux qui furent alors entrepris.

En 1780, c’est l’achèvement du Canal reliant Givors à Rive de Giers permettant l’acheminement du charbon par voie d’eau. 1200 mulets étaient employés auparavant à cette tâche. Givors devient ainsi le pourvoyeur de la région lyonnaise pour le transport du charbon. Un ingénieur, Marc Seguin, créa en 1830 entre Givors et Rive de Gier une voie identique à celle établie dans les Mines Anglaises.

(Cette voie était en déclivité régulière et continue avec ouvrage d’art et ancrage du rail sur des dés de pierre de taille. Les wagons descendaient par l’entraînement de la gravité jusqu’à Givors sous la surveillance d’un serre-frein. En queue du convoi était attelé un wagon écurie où prenaient place les chevaux chargés de remonter la rame à son point de départ. Très rapidement les chevaux furent remplacés par “les juments noires”, nom donné par les paysans de l’époque aux premières locomotives construites par Monsieur Marc Seguin. La création de la Gare d’Eau de Givors allait permettre d’associer utilement le chemin de fer à la navigation fluviale. L’importance de ce double moyen de ravitaillement et d’expédition n’échappe point à Monsieur Eustache Prénat).

 

Eustache PRÉNAT

Activité : débute en 1839

En 1839, Eustache Prénat (1802-1866) achète des terrains au Nord du Bassin de Givors et y installe une fonderie de fonte avec ateliers de forges, ajustage et menuiserie.

Devant l’accroissement de la demande de pièces en fonte moulée, il doit même faire appel à l’aide de la fonderie de Vienne appartenant à Monsieur Génissieu.

 

Société V. Génissieu & Prénat

Activité : 1841-1853

Le 1er juillet 1841, Victorien Génissieu et Eustache Prénat forment à Givors la Société V. Génissieu & Prénat. Trois mois plus tard, avec le concours de Ferdinand de la Rochette (1843-1896), la Société entreprend la construction de deux hauts-fourneaux : le premier est mis à feu en avril 1843 ; le second en mars 1847. Le personnel s’accroît alors de spécialistes de fonderie venant de la région d’Altkirch en Alsace. Parmi ces familles se trouve le nom des Boiteux dont l’un des descendants est Chef de Service à l’Usine en 1949.

 

Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Givors E. Prénat & Cie

Activité : 1853-1911

En mars 1853, la Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Givors E. Prénat & Cie est constituée. Eustache Prénat en est le gérant responsable avec, comme associés Victorin Génissieu, Jacques Prénat, Ferdinand de la Rochette. Cette même année la construction de 6 fours à coke est entreprise et des concessions pour l’extraction de la houille de la mine des granges et celle de Rochetaillée près de Saint-Étienne, sont obtenues.

Les établissements Claudinon prennent alors une participation dans la Société ; de cette époque datent les bons rapports qui ont toujours existé entre les deux maisons.

En 1856, la « Commission de l’Érection de la Vierge du Puy » traite avec E. Prénat la fabrication de la statue monumentale de Notre-Dame de France.

Le sculpteur Bonnassieux donne les plans et Fournier (dont les descendants sont encore représentés aux Établissements Prénat en 1950 par les familles de Messieurs Pras et Bellemin), sculpteur de l’Usine, en assure l’exécution. Lorsque la statue se dressa au milieu de l’Usine dans son grand échafaudage de bois, on vint l’admirer de toute part. La somme recueillie permit l’achat de la première cloche de l’Église du Canal. En hommage à cette œuvre, Eustache Prénat obtint du Pape Pie IX la décoration de Saint-Sylvestre. Au cœur du secteur historique du Puy-en-Velay, à seulement quelques minutes à pied du centre-ville, la statue monumentale de Notre-Dame de France constitue une prouesse technique : elle est érigée en 1860, sur le Rocher Corneille.

La statue réalisée en fonte de fer à partir des 213 canons de Sébastopol est inaugurée le 12 septembre 1860. Elle mesure 16 mètres (22,70 m avec le socle). (yves.c.free.fr/prenat-1.html)

De 1900 à 1911, d’importantes modifications modernisent l’usine. En 1913, il devient nécessaire de donner un grand essor à l’usine pour faire face à la concurrence de l’est. La société est transformée en Société anonyme : Cie Des Hauts-fourneaux et Fonderies de Givors – Établissements Prénat.

 

Cie Des Hauts-fourneaux et Fonderies de Givors – Établissements Prénat

Activité : 1913-

L’importante Cie des Aciéries de la Marine et d’Homécourt entre dans le Conseil d’Administration et dès lors commence une collaboration étroite et féconde qui va placer l’usine au premier rang du progrès. Une importante campagne de modernisation est entreprise, interrompue par la guerre ; les 8 enfants, fils ou gendres d’Édouard Prénat sont mobilisés. Il reste seul à la tête de l’usine. Son fils Louis, après une grave maladie contractée au front, pourra revenir le seconder. Devant le manque de personnel en 1917, la Société doit faire appel à la main-d’œuvre étrangère et c’est l’entrée à l’Usine des premiers ouvriers espagnols et portugais dont certains se fixeront définitivement à Givors.

Le 17 janvier 1922, la Société acquiert une participation majoritaire dans la Société des Mines d’Aytua qui possède des gisements de fer dans les Pyrénées Orientales et demeurera un des principaux fournisseurs de ses hauts-fourneaux. En 1923, la Société prend une participation aux Aciéries du Rhône, Louis Prénat ayant vu dans ces aciéries un prolongement naturel et intéressant de l’ensemble industriel des hauts-fourneaux de Givors.

En 1935, Monsieur Louis Prénat offre une participation aux Établissements Schneider du Creusot, les hauts-fourneaux du Creusot sont arrêtés tandis que ceux de Givors assurent l’approvisionnement en fonte brute de ces importants Établissements.

Les améliorations se poursuivent en 1936 par la pose d’une conduite entre les hauts-fourneaux et les Établissement Coignet, pour la fourniture de gaz pauvre aux chaudières de cette société. Le haut-fourneau « France » est mis à feu pour la troisième fois. Madame Édouard Prénat, femme de Monsieur Édouard Prénat, directeur-adjoint de l’usine, en est la marraine et synthétise en quelques vers la vie de ces fourneaux.

Le 1er juin 1940 est la date la plus douloureuse de toute l’histoire de l’Usine : une escadrille ennemie la bombarde (16 morts dont deux contremaîtres sont à déplorer).  Les blessés sont nombreux : 20 doivent être hospitalisés tandis qu’une vingtaine d’autres peuvent regagner leur domicile après des soins sommaires. Le magasin à modèles est effondré, une grande partie de la fonderie est démolie, les bureaux sont touchés, l’embranchement est coupé, mais les parties vitales ne sont pas atteintes. Les fabrications continuent. Quelques jours après, c’est le triste cortège d’une foule en déroute devant l’avance allemande qui se presse le long des murs de l’usine. L’usine est provisoirement arrêtée le 18 juin à l’exception des feux continus. Le 20 juin les Allemands entrent à Givors et les Givordins devront attendre jusqu’au 2 septembre 1944 pour voir revenir victorieusement les troupes françaises.

Durant cette période, l’usine s’organise pour faire face aux nouveaux besoins des populations et panse ses blessures. Une station de gaz traction est mise en service en 1941. Le bâtiment du magasin des fontes, des modèles et d’une partie des bureaux est reconstruit en 1942.

Le 1er juin 1941, une petite cérémonie commémore le bombardement du 1er juin 1940 et concrétise toute l’âme intime de l’usine par la remise en place à l’intérieur de la Fonderie de la statue en bois de la Vierge qui avait été jetée en bas de son piédestal par les bombes. Cette statue de la Madone en place depuis 90 ans avait toujours été respectée par tous lui donnant ainsi droit de Cité.

Puis c’est la période douloureuse du S. T. O. qui contraint de nombreux ouvriers à partir.

Le 9 avril 1943, l’usine perd son Président Directeur Général, Monsieur Louis Prénat. Son fils, Édouard Prénat, Ingénieur de l’École Centrale de Lyon  prend alors la Direction Générale de l’Usine tandis que Roederer est nommé Président du Conseil d’Administration et Eustache Prénat Vice-Président.

Les 21, 26 mai, 27 juillet, 6 août, 12 août 1944, les bombardements se succèdent de jour et de nuit sur Givors, Badan, Chasse. Le bâtiment des presses à pyrites est entièrement démoli. Le trafic ferroviaire devient très difficile. Le 23 août, les hauts-fourneaux et la cokerie doivent être arrêtés. Le 2 septembre les troupes françaises rentrent dans la ville.

En 1945, le haut-fourneau « France » est rallumé par l’arrière-arrière-petite-fille du fondateur, Danièle Prénat. L’atelier de l’Agglomération des Pyrites est reconstruit en 1947. Édouard Prénat met à l’étude dès 1946 un vaste programme de modernisation totale de la fonderie. En 1948 et 1949, des agrandissements considérables sont entrepris en même temps que la construction de maisons préfabriquées modernes pour le logement du personnel. Une mécanisation étudiée dans ses moindres détails transforme la vieille fonderie du Canal en une fonderie dotée des derniers perfectionnements de la technique lui permettant d’envisager l’avenir avec confiance.

1954 : extension vers le nord de la partie urbaine.

1960 : fermeture des établissements Prénat

Sources et liens externes

Sources : 1) DEVAUX (Yves), L’univers des bronzes…, Paris,1978, p.284 (cite seulement N.-D. de France). - 2) HACHET (Jean-Charles), Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs, de l’Antiquité à nos jours, 2 vol., 18000 pages, 2005. Les fondeurs, tome II, p.869 (cite seulement N.-D. de France). - 3) Répertoire numérique détaillé établi par Marion DUVIGNEAU, conservateur stagiaire du patrimoine, sous la direction de Philippe ROSSET, directeur des Archives départementales du Rhône - 1992 : avec in fine une GÉNÉALOGIE SIMPLIFIÉE DE LA FAMILLE PRENAT - 4) Les Hauts-fourneaux Prénat (http://yves.c.free.fr/prenat-1.html), histoire de la Compagnie des Hauts-fourneaux et Fonderies de Givors Établissements Prénat de 1839 à 1960.
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