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Fondeur

MAZIÈRES

Informations :

  • Nationalité: Française
  • Activité: Fondeur

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Fiche créée ou mise à jour par : le 9 septembre 2020

Description:

USINE DE MAZIÈRES PRÈS BOURGES – Constructions métalliques

 

Dans l’industrie de Bourges, les usines dites de Mazières occupent une place toute particulière. Depuis le milieu du XIXe siècle cette entreprise continue à être un des fleurons de la métallurgie berruyère, même si ces dernières années, quelques difficultés sont apparues avec de nombreux licenciements.

En novembre 2002, cette usine ouvre à nouveau quelques ateliers. Les presses sont encore présentes, il en reste 4. Ils sont 44 salariés en 2007.

 

LES USINES DE MAZIERES

Au XIIIe siècle, les textes évoquent « la grange de Mazières » et parfois le manoir de « Mazeriis », mais le quartier rural va devenir industriel à partir de 1846, date à laquelle il acquiert les terrains.

Après la Révolution de 1830, l’idée est de faire à Bourges un grand centre métallurgique, et en 1847, le Marquis de Voguë demande l’autorisation de construire une usine à fer sur une propriété située au sud de la ville, et c’est Louis Napoléon Bonaparte qui donne son accord le 6 juin 1850.

Et c’est en effet au beau milieu du XIXe siècle, en 1854 que le maître de forges, Louis Léonce-Melchior de Voguë fait construire une usine métallurgique pour fabriquer le gros matériel nécessaire au chemin de fer qui se développe partout en France, elles doivent remplacer les anciennes forges d’Ivoy-le-Pré. (Il avait commencé les travaux dès 1847… année de l’arrivée du train à Bourges).

Ces forges sont implantées le long du canal de Berry, ce qui permet de recevoir à prix économique, le coke, la houille et les fers nécessaires à l’obtention de fontes et d’aciers.

« Sous la direction de l’ingénieur Estoublon, gérant des fonderies du Marquis de Voguë, deux hauts-fourneaux du type Thomas et Laurens, divers ateliers et bâtiments de magasinage, sont construits à partir de 1848. Ces installations ont fait l’admiration des ingénieurs contemporains. » (Citation issue de mémoire d’une ville)

En 1875, la Société des Usines de Mazières prend la forme d’une société anonyme. Les productions se multiplient, ce sont des fontes pour les charpentes, les ponts, la marine. Elles proposent cinquante modèles de plaques tournantes et 25 modèles de ponts tournants.
À partir des années 1936, les bas-fourneaux et les cubilots sont remplacés par des fours électriques à arcs, permettant de produire des aciers spéciaux pour l’industrie automobile.

Les produits sont exportés dans l’Europe entière. On retiendra les halles de Baltard et le pont de Suresnes à Paris, le marché Pernambuco au Brésil, la gare de Vienne en Autriche ou le Pont de la Guillotière à Lyon.

À Bourges ce seront les charpentes de la Halle Saint Bonnet qui sont toujours en place.
Depuis cette grande époque, l’entreprise a évolué, passant par des changements de propriétaires, (voir les détails ci-dessous). Ce sera la FASER, puis Manoir-Industrie. L’entreprise abandonnera la fonte en 1966 pour ne se consacrer qu’à la fabrication de l’acier. Elle se spécialisera dans les tubes géants nécessaires à l’industrie pétrolière, dans les tubes réfractaires nécessaires à la pétrochimie et poursuivra ses fabrications plus conventionnelles avec les matières premières nécessaires aux pompes et autres machines-outils.

Dans le quartier de Mazières, le marquis de Vogüe fait construire dès le XIXe siècle, une vingtaine de maisons le long de trois rues qui ont des noms de jeune fille, c’est Ursule, Angélique et Louise…. Ce sont les prénoms des filles du Marquis de Voguë.

Puis il poursuit son programme immobilier avec 115 logements et un groupe scolaire en 1882. Le bâtiment devient une école catholique inaugurée le 20 mai 1883 par l’archevêque de Bourges. Cette école comprend une classe de garçons, une pour les maternelles et … trois classes primaires de filles. À côté de l’école, une bâtisse sert de chapelle.

 

CHRONOLOGIE

Mazières pendant la guerre de 1914/1918

Comme la plupart des entreprises de la ville, les usines de Mazières vont se consacrer à l’industrie de guerre. Ainsi se fabriqueront en continu, des obus selon les calibres de l’époque, 95 et 105, puis les gros calibres comme 200 et 300 mm. Quant au célèbre obus de 75, il est fondu à l’extérieur et usiné dans les ateliers de Mazières. Le personnel est souvent féminin, avec un personnel de Portugais.

Mais l’usine fabrique aussi des pièces de tracteurs automobiles pour le Creusot.

L’entre-deux guerres

La période qui suit 1918 est très difficile, comme toutes les entreprises qui ont travaillé pour l’armement, car c’était la « der des der », et en ces années de paix, la crise des matières premières et des transports met l’usine en difficulté.

À cela va s’ajouter la perte d’un important marché dans le chemin de fer, mais aussi un manque de modernisation et c’est la fin de l’entreprise familiale de Voguë. Le 15 juin 1930, c’est un repreneur qui est recherché. C’est un peu la faillite.

Le salut vient alors en 1931 de la société Commentry-Fourchambault-Decazeville qui prend en location l’usine de Mazières.

C’est alors pour quelques années la fabrication de pièces automobiles, de pièces en fonte stabilisée et aussi le début de la fabrication de pièces en alliages spéciaux pour des alliages en acier résistant aux hautes températures. C’était pour l’industrie chimique.

C’est à cette époque (1935) qu’un directeur invente le premier four à électrodes qui va s’appeler « le four Mazières ».

La seconde guerre mondiale

Au début de la guerre, l’usine recommence à fabriquer de l’armement avec des obus de 155 et continue à faire l’usinage des petits obus de 75. Elle fait aussi, et c’est moins connu des toits de guérites pour… la ligne Maginot.

Mais il manque du personnel, lequel a été mobilisé.

Lorsque les Allemands arrivent à Bourges au milieu du mois de juin 1940, c’est à nouveau des fabrications civiles qui commencent. On connaît assez mal cette période.

Il semble que des travailleurs sénégalais aient été embauchés ou faits prisonniers.

On signale d’ailleurs que des ouvriers de Mazières ont participé à la construction de la piste d’atterrissage de l’aéroport ou plus certainement aux déblaiements des pistes après des bombardements (bombardement allemand de juin 40 et anglo-saxon d’avril 44).

L’après-guerre 1945 – 1975

Comme souvent et dans d’autres types d’entreprises, de 1945 à 1975, ce sont les 30 Glorieuses, c’est-à-dire une longue période d’expansion, de reconstruction, de transformations importantes et d’investissements.

L’usine de Mazières se spécialise dans la haute technologie en matière d’industrie métallurgique.

Elle avait été absorbée par Commentry-Fourchambault-Decazeville en 1941 (oui 1941) et ce groupe qui va aussi absorber cette fois en 1954 Pamiers puis les Forges d’Ivry changera de nom pour s’appeler Imphy (Société Métallurgique d’Imphy). C’est une société prestigieuse à l’origine du convertisseur Bessemer, du four Martin (Martin de Bourges) et des alliages d’acier au nickel.

À cette époque l’usine a 350 employés, et devient un site expérimental en matière d’innovation technique.

En 1968, nouveau changement de nom, avec la création de la FASER

La FASER, Fonderie d’Aciers Spéciaux et Réfractaires est une société importante (avec une majorité de Creusot-Loire et le reste d’un américain, bien connu à Vierzon, ABEX). Mazières entre par ce biais dans le groupe Creusot Loire de l’Empire Schneider (les maîtres de forges…) avec à partir de 1960, le baron Empain.

C’est une nouvelle étape avec de très forts investissements :

  • les tubes en acier réfractaire coulés par centrifugation, tubes utilisés dans la pétrochimie.
  • les pièces en acier réfractaire pour les fours et autres incinérateurs.
  • les pièces de sécurité de l’industrie automobile (traverses…)

À cette époque, le site est sur 25 000 M2 couverts, et 12 hectares.

Difficultés de Faser et vente en 1973 à Manoir

Les effectifs commencent à diminuer, ils sont de 493 et 1972, et l’usine Faser devient une filiale de Manoir (Société des Fonderies et aciéries du Manoir) qui est située près de Rouen.

Il semble que l’usine reparte avec la fabrication des tubes de l’industrie pétrolière ou chimique, avec 25% du marché mondial. Les effectifs remontent pour atteindre 600 (la direction est assurée par M. de Kempfi).

L’usine se retrouve ensuite dans le groupe (une holding ?) Pompey.

Pour les représentants des syndicats, c’est à partir de ce moment que tout se casse. « Le groupe Pompey participe à la casse de la sidérurgie. »

Les années 1990 : la fin

À partir de 1980, la Faser devient la FAB, (Fonderie des Aciers de Bourges), et c’est une baisse progressive de l’activité, logique financière pour les syndicats, manque de charge pour les actionnaires, le résultat, c’est une suite de changement de nom, Faser, FAB, MIB, …. etc

Un incendie criminel a lieu de 7 juillet 1992, avec 20 millions de francs de dégâts.

C’est un peu le début de la fin, les effectifs fondent, en 20 ans, ils passent de 500 à 180 personnes en l’an 2000.

En octobre 2002, le groupe Manoir doit verser des indemnités de licenciement « aux Manoirs », devenus célèbres à Bourges, et vend le site à DH Industrie (Delamarre, Hauffmann, Industrie) qui va poursuivre une petite activité de presse avec 44 salariés, dans un petit bâtiment. L’ensemble des autres bâtiments servant d’entrepôt pour les outillages.

Biographie

Un ouvrage très intéressant a été publié par l'Institut CGT en janvier 2007 dans les Cahiers d'Histoire Sociale (par Roger Pellentz et Mathijs Schoevaert), c'est le point de vue des syndicalistes, mais il montre la chute d'une des usines les plus célèbres de Bourges. Adresse : 80 quai du Châtelet - BP 1316 - 45003 ORLEANS

Sources et liens externes

Sources : http://www.encyclopedie-bourges.com/mazieres.htm
Numéro d'identification de la fiche : 5735f58c6fb238c9

 

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