Bienvenue, visiteur ! [ S'enregistrer | ConnexionFlux RSS  | 

 

Fondeur

HÉBRARD

Informations :

  • Activité: Fondeur

Envoyer cette fiche par Email

favoriteLoadingAjouter à ma sélection
Fiche créée ou mise à jour par : le 22 mai 2014

Description:

Fondeur : HÉBRARD

 

Dates

– Activité : décembre 1902-1934 (mise en liquidation)

– Vers 1936 : clôture des ateliers

– 1954 (clôture de la liquidation)

 

Adresses

Ateliers :

– Rue Victor-Duruy (devenue une partie de la rue Olivier de Serres), Paris XVe (quartier Saint-Lambert), 1902-1903

– 73 avenue de Versailles, Paris XVIe s. (quartier Auteuil), 1904-1936

Galeries :

– 21 rue Cambon, Paris Ier (quartier Place Vendôme),1902-1904

– 8 rue Royale, Paris VIIIe, 1905-1938

 

Sable – Cire perdue

Cachet : existe en 3 dimensions pas forcément en rapport avec les dimensions des œuvres.

CIRE PERDUE – A. A. HEBRARD

 

Biographie

François-Adrien Hébrard dirige le célèbre journal Le Temps, il est sénateur, ami de Gambetta, collectionneur. Son fils Adrien-Aurélien nait en 1865.

A. A. Hébrard, ingénieur chimiste de formation, collectionneur, s’intéresse plus particulièrement à la sculpture contemporaine. Il décide de créer sa propre fonderie et s’associe en décembre 1902 à J.O. Seib, simple commanditaire. Hébrard garde l’entier contrôle de la société dont l’objet est étendu : « l’industrie, le commerce de toutes œuvres d’art ou de décoration en général (…) et en particulier l’industrie et le commerce des bronzes d’art. L’organisation d’expositions artistiques (…) L’achat, l’obtention, l’exploitation, la concession ou la vente de tous brevets ou licences se rattachant aux mêmes objets (…) (Lebon, p. 182).

Hébrard est passionné par la cire perdue. Il fond le Penseur de Rodin.

Il cherche à contacter les meilleurs ouvriers ; il fait d’Adolphe Gruet son patineur attitré. Il recrute, peut-être directement en Italie, Marcello Valsuani, qui viendra en France avec ses deux fils Claude et Attilio qui deviendront à leur tour d’excellents fondeurs à la cire perdue installés à leur compte.

Les premiers bronzes Hébrard à la cire perdue apparaissent en 1903. En 1903, âgé de 19 ans, Rembrandt Bugatti s’installe à Paris. Il avait fait connaissance à Milan du fondeur Albino Palazzolo. Il le présente à Hébrard. Albino Palazzolo, devient chef d’atelier. Son talent fera en grande partie la célébrité de la fonderie. Rembrandt Bugatti va signer un contrat d’exclusivité avec Hébrard. Palazzolo sera son mouleur-fondeur exclusif.

La technique de fonte à cire perdue utilisée par Hébrard a été décrite en 1905 par Louis Vauxcelles (cité par Lebon, p. 183).

Vauxcelles donne la composition de l’alliage utilisé pour le Penseur : cuivre pur 81%, argent 4%, étain 9%, nickel 6%. Cet alliage variait selon l’œuvre.

Hébrard fait également œuvre d’orfèvre. Un poinçon Hébrard est déposé en 1902 (abandonné en 1922).

Dans sa galerie, Hébrard expose les artistes qu’il soutient. Première manifestation en 1904, avec Rembrandt Bugatti, puis Bourdelle en 1905. Il ne se cantonne pas aux sculpteurs mais expose aussi d’autres artistes.

Hébrard met en œuvre une stratégie commerciale originale : il s’astreint dès le début à un tirage limité à très peu d’épreuves, à de rares exceptions près systématiquement numérotées. Il recherche des artistes encore inconnus qu’il sait dénicher avec beaucoup de sûreté, entre autres : Bugatti, Ponpon, Bourdelle, Joseph Bernard, Guido…Il leur propose alors uniquement des contrats d’exclusivité, qui ne seront jamais renégociables, ce qui occasionnera bien des rancœurs chez des artistes devenus célèbres ; Hébrard sera toujours intraitable ; certains différends mettront encore en cause les successeurs de la fonderie en1960 ! Bien sûr, il ne peut imposer ses vues à des personnalités aussi affirmées que Rodin.

Il eut des démêlés judiciaires avec son patineur Adolphe Gruet qui lui reprocha entre autres d’avoir étudié ses méthodes pendant un an avant de la chasser brutalement. Hébrard se flatte d’avoir mis au point un procédé particulier (Lebon, p. 184-185).

En août 1907, la galerie est agrandie.

La fonderie est dirigée de 1902 à 1909, date de sa mort, par René Desbois. Lui succède Adèle Serrière, mère de Jean Serrière.

En 1925, Hébrard accède à la direction du journal Le Temps. Il confie alors la fonderie, qui devient « Société des fontes à cire perdue A. A. Hébrard » à sa fille Nelly (1904-1985) qui la dirige officiellement à partir de 1932 jusqu’à la liquidation qui débute en 1934 (les difficultés ont commencé en 1930). Albino Palazzolo participe à l’accord conclu entre Nelly Hébrard et Mme Bernard (veuve de Joseph Bernard ( † 1931). La liquidation est confiée à N. Pécresse (40 rue Notre-Dame des Victoires, Paris 2e). Les ateliers de la rue de Versailles sont signalés une dernière fois das le bottin de 1936.

Hébrard meurt en 1937.1938.

Les locaux de la fonderie sont détruits par un bombardement en 1940.

La galerie de la rue Royale fait paraitre sa dernière annonce au bottin de 1938.

La liquidation est clôturée le 29 novembre 1954.

Les stocks sont alors revendus à une société créée par Nelly Hébrard « Lignes et couleurs », domiciliée à Tunis, 4 rue Hannon. Cette société aurait pris l’engagement de gérer tous les droits d’auteur afférents au stock.

En 1949, Nelly Hébrard rachète aux héritiers les droits de reproduction des Degas. L’important commerce suscité par la commercialisation des Degas confiée à « Lignes et couleurs » permit l’extension de deux galeries : la galerie Blanche à Stockholm et la Knoedler Gallery à New-York.

Selon Nelly Hébrard, « Lignes et couleurs » a été revendue (avant 1960) à la société « MIM » dirigée par M. Scordino. Elle affirmait en 1960 ne pas avoir suivi ce qu’avait pu devenir ce stock.

Hébrard, le fondateur de la fonderie, a constamment tenu à fournir des pièces de la plus grande qualité, tant pour les fontes que pour les patines. A ces qualités, il ajoutait les dons naturels d’un grand marchand et grand dénicheur de talents. Hébrard est probablement le premier vrai grand marchand de sculpture (comme il y eut au siècle précédent de grands marchands de peinture). En numérotant et en limitant sa production, il a créé un marché pour les collectionneurs et ouvert à des sculpteurs une voie essentielle pour parvenir à une réelle reconnaissance artistique.

 

Albino Palazzolo et les fontes des Degas

Il joua un rôle capital chez Hébrard. Sa technique et son style sont réputés avoir influencé les autres fondeurs parisiens. Né à Milan en 1883, il se passionna pour la fonte à cire perdue. Il travailla à la fonderie Giudici e Strada, via Amerigo Vespucci, jusqu’en 1902. Il étudia le dessin et le modelage à l’Académie de la Brera à Milan. Il fit la connaissance de Rembrandt Bugatti. En 1903, il arrive à Paris. Il y retrouve Rembrandt Bugatti qui le présente à Hébrard qui l’embauche aussitôt. Il devient rapidement directeur technique (ou chef d’atelier) de la fonderie. Dès 1904-1905, il a réalisé la fonte délicate du Penseur. Il est félicité par Rodin. Le sculpteur Bartholomé s’enthousiasme pour son talent et en parle à Degas. Celui-ci vient souvent le voir, lui promet de lui donner à fondre mais ne le fera jamais.

Au moment de la première guerre mondiale, Palazzolo serait retourné en Italie où Hébrard serait allé le rechercher en 1919 pour fondre les cires de Degas (qui est mort en 1917).

Pour ne pas abimer les cires de Degas, Palazzolo déclare avoir repris déclare avoir repris une technique particulière de cire perdue qu’il tenait du sculpteur milanais Barzaghi : il moulait les cires, coulait un bronze à partir de ces moules puis les tirages à partir de ces bronzes, pratique qui correspond en réalité à l’établissement de chefs-modèles.

La première série est montrée en 1921. Les fontes se poursuivront jusqu’en 1932, chez Hébrard. Nelly Hébrard racheta en 1949 les droits de reproduction aux héritiers. En 1955, elle revend les cires originales à Paul Mellon (1907 ; † 1999) entrepreneur, philanthrope, mécène et collectionneur américain. En 1970, elle vend les « bronzes d’atelier » (les bronzes modèles créés par Palazzolo !) au Norton Simon Museum de Pasadena…

À partir de 1937, au plus tard, Palazzolo ouvre sa propre fonderie à Paris.

Sources et liens externes

1) ADHEMAR (Jean), Before the Degas bronzes, dans Art News, novembre 1955, p. 34 (sur Palazzolo). 2) DEVAUX (Yves), L’univers des bronzes…, Paris, 1978, p. 277. 3) HACHET (Jean-Charles), Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs, de l’Antiquité à nos jours, 2 vol., 18 000 pages, 2005. Les fondeurs, tome II, p. 852-853. 4) KJELLBERG (Pierre),Les bronzes du XIXe siècle (dictionnaire des sculpteurs), Paris, les éditions de l’amateur, 1989, p. 661. Pour les fontes de Degas, p. 268-272. 5) LEBON (Elisabeth), Dictionnaire des fondeurs, 2003, p. 182-188. 6) VAUXELLES (Louis), La fonte à cire perdue, dans Art et décoration, 1905, p. 191-197.
Numéro d'identification de la fiche : N/A

 

3170 vues au total, 0 vues aujourd'hui

  

Ces fiches peuvent aussi vous intéresser :


Autres fiches de la même catégorie :

Retour à la catégorie

 

Fondeur

HOLLARD

A. HOLLARD - Fondeur à Paris Ancien élève de l’École Centrale, il a été Ingénieur à la Compagnie des moteurs à gaz de la maison H. Hollard et Cie, ingénieurs...

30 novembre 2023

335 vues au total, 0 vues aujourd'hui

 

Fondeur

FORGES DE PANSEY

FORGES DE PANSEY - Haute-Marne (52230) Maîtres de forges : Clausse (Constant) Dormoy (Paul) Société (aux dates des documents) : 18 octobre 18...

16 octobre 2023

319 vues au total, 0 vues aujourd'hui

 

Fondeur

FONDERIES DECHAUMONT

Fonderie française créée en 1860, située à Muret à côté de Toulouse. La Fonderie Dechaumont est un producteur de pièces en fonte réparties en 6 gammes : l’as...

6 octobre 2023

415 vues au total, 0 vues aujourd'hui

Vous devez être connecté pour contacter le rédacteur de la fiche. Inscrivez-vous en cliquant sur S'enregistrer

QR CODE