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Sculpteur

GUINO Y BOIX Ricardo

Informations :

  • Prénom: Ricardo
  • Nationalité: Française
  • Activité: Sculpteur
  • Date et lieu de naissance et de décès: Né à Gérone (Catalogne) le 26 mai 1890 - Décédé à Antony le 2 février 1973
  • Nom d'artiste: GUINO Richard

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GUINO Y BOIX Ricardo
Fiche créée ou mise à jour par : le 24 février 2026

Description:

Ricardo Guino y Boix (Ricard Guinó i Boix en catalan), dit Richard Guino, né le 26 mai 1890 à Gérone (Catalogne) et mort le 2 février 1973 à Antony, est un sculpteur français d’origine espagnole.

Son œuvre foisonnante tire sa spécificité et son originalité de la diversité des styles et des techniques qu’il emploie : taille du bois, du marbre, de l’ivoire, modelage de la terre et de la cire, céramique, majolique, peinture, gravure et dessin sur divers supports, dont le verre et le parchemin, mobilier.

Sa fructueuse collaboration avec Auguste Renoir (1841-1919) constitue un épisode singulier de l’histoire de l’art.

Origine et jeunesse catalane

Richard Guino s’éveille enfant à l’art de la taille dans l’atelier de son père, ébéniste. Sculpteur précoce, il fréquente l’École des Arts de Gérone, où il noue des liens amicaux avec Prudenci Bertrana, son professeur de dessin. Figure rayonnante du modernisme catalan, celui-ci introduit dans le milieu artistique et intellectuel son jeune élève, qui fera bientôt son portrait en buste ainsi que ceux de ses amis : le peintre Joan Baptista Corominas, l’architecte Rafael Masó, les écrivains Xavier Monsalvatje et Carles Rahola, le poète Miquel de Palol…

Guino part ensuite à Barcelone pour y fréquenter l’École supérieure des beaux-arts, La Llotja, où Jose Ruiz y Blasco, père de Pablo Picasso, est l’un de ses professeurs. Il entre parallèlement dans l’atelier d’Eusebi Arnau, qui regorge de commandes pour orner les bâtiments modernistes d’une ville en pleine renaissance culturelle. Guino remporte divers prix aux Beaux-Arts et participe à des expositions collectives à Gérone (1908, 1909 et 1910) et Barcelone (1910). Aristide Maillol découvre ses œuvres, et admiratif, engage le jeune homme à le rejoindre en France pour travailler à ses côtés.

Débuts à Paris

Richard Guino s’installe à Montparnasse en 1910, dans un atelier situé au 7 rue Daguerre. Il assiste Maillol, en particulier dans la création des nus monumentaux des Saisons, une commande du collectionneur russe Ivan Morozov. Celui-ci achète à Vollard un Torse de femme en marbre et une Maternité en terre cuite réalisé par le jeune sculpteur, dont les œuvres sont aussi collectionnées par le Comte Kessler.

Guino fréquente librement l’Académie Ranson à Montmartre pour dessiner d’après modèle vivant. Maurice Denis lui confie la réalisation d’après ses maquettes des deux bas-reliefs qui ornent le cadre de scène du Théâtre des Champs-Élysées, La Danse et Le Chant (1912). Guino expose dans différentes galeries (Druet, Marseille et Vildrac), à la Société des artistes décorateurs et à la Société nationale des beaux-arts. Ses dessins sont également appréciés. Il réalise à cette époque une suite d’encres représentant la danseuse Isadora Duncan croquée sur le vif ainsi que des nus sur parchemins d’une grande finesse d’exécution ou encore des verres peints.

Ses œuvres dessinées, taillées ou modelées représentent principalement des figures féminines aux plastiques souples et puissantes : Égyptienne, Torse à la draperie, Femme assise tenant son chignon, Adam et Ève, Vénus à la pomme.

L’œuvre sculpté Renoir-Guino

C’est en 1913 qu’Ambroise Vollard parvient à persuader Auguste Renoir de s’adonner à la sculpture en lui promettant de trouver « des mains ». Handicapé par des rhumatismes déformants qui le paralysent, le peintre, âgé de 72 ans, continue de peindre sans relâche, des pinceaux glissés entre ses mains recroquevillées et protégées par des bandelettes. Aristide Maillol, consulté, recommande son assistant Richard Guino, alors âgé de 23 ans.

Enthousiaste, le marchand lui fait rencontrer Renoir et l’engage à ses frais. Cette collaboration entre le vieux peintre et le jeune sculpteur, caractérisée par la remarquable communion d’esprit et de sensibilité qui se noue entre les deux artistes, dure jusqu’en 1918, à Essoyes et aux Collettes, le domaine de Renoir à Cagnes-sur-Mer. Elle aboutit à la création d’une vingtaine de modèles parmi lesquels les chefs-d’œuvre Vénus Victrix, Jugement de Pâris, Grande Laveuse.

Simultanément Guino poursuit son œuvre personnelle et réalise, entre 1913 et 1920, les nus monumentaux Vendangeuse, Baigneuse et Maternité, signés de son nom. Lors de ses séjours auprès du peintre, il exécute aussi de nombreux portraits de Renoir et de ses proches – dessins, médaillons, bustes… Après la mort d’Aline Renoir, dont il réalise des portraits sculptés à la demande du peintre, il initie leurs fils Claude, le benjamin, puis Jean, qui deviendra cinéaste, aux arts du feu, supervisant la construction d’un atelier de céramique aux Collettes. C’est là qu’est modelée la dernière œuvre de la collaboration Guino-Renoir, Eau, ou Grande laveuse.

Après avoir brièvement tenté une autre aventure de création avec le sculpteur Louis Morel en se passant de l’intermédiaire de Vollard, Renoir meurt en 1919. Les sculptures de Renoir et Guino sont éditées et vendues sous le seul nom du peintre et le sculpteur invisibilisé par Vollard et à sa suite, bien d’autres marchands et éditeurs. « L’énigme de la sculpture Renoir » – dévoilée en 1947 par l’historien d’art Paul Haesaerts dans son ouvrage Renoir sculpteur – ne sera définitivement levée que soixante ans après sa création, à l’issue d’un long procès initié en 1965 par Michel Guino, fils de Richard Guino et lui aussi sculpteur. Après une minutieuse analyse des œuvres, de la genèse de leur création et l’audition de nombreux artistes, la qualité de coauteur est reconnue à Richard Guino le 11 janvier 1971 par la troisième chambre civile du Tribunal de grande instance de Paris, jugement définitivement confirmé par la cour de cassation le 13 novembre 1973. C’est une première jurisprudentielle. Le tribunal a considéré que les sculptures étaient des œuvres de collaboration puisqu’il a été établi que Guino jouissait d’une grande liberté dans leur création, travaillait la plupart du temps seul, notamment dans son atelier parisien, et qu’elles étaient marquées de son empreinte personnelle.

Dès 1947 Paul Haesaerts précisait : « Guino ne fut jamais simplement un acteur lisant un texte ou un musicien interprétant mécaniquement une partition […]. Guino était impliqué corps et âme dans l’acte créatif. On peut même affirmer avec certitude que s’il n’avait pas été là, les sculptures de Renoir n’auraient pas vu le jour. Guino était indispensable. »

Le procès n’a pas été intenté « contre » Renoir, réduction véhiculée dans certains textes ou articles de presse se référant à une « affaire » qui passionna le milieu artistique. Il s’est agi de contribuer à dévoiler l’historique exceptionnel de ce processus de création pour rétablir l’apport original de Guino à l’œuvre sculpté, initialement occulté par Vollard pour d’évidentes raisons commerciales. Un « praticien » sculpteur reproduit ou agrandit un modèle déjà existant. Guino a lui créé les modèles, en réalisant une transposition de techniques : l’esprit de la peinture de Renoir transparaît dans l’esprit de la sculpture de Guino… Transmutation avérée entre deux artistes. Le phénomène a pu s’accomplir grâce à leur amitié et intense communauté de vue, le peintre à ses toiles et le sculpteur travaillant la glaise des Collettes. Ce point unique et rare caractérise cette œuvre.

Sculpteur, décorateur, céramiste, dessinateur et peintre

Guino, que son sens libertaire tient éloigné de tout esprit de revendication, poursuit son œuvre personnelle. Après les cinq années de sa collaboration avec Renoir, intimement blessé par le déni de son apport créateur que des raisons commerciales ont motivé, il tente de se réinventer, de changer de style, explorant de nouvelles techniques en parallèle de son œuvre sculptée. Il doit aussi affronter, en 1919, la disparition prématurée de sa compagne Eulalie Verdier, modèle de Maillol et inspiratrice de ses œuvres depuis 1911, brutalement emportée par la grippe espagnole.

Guino signe un contrat avec la galerie Hébrard, rue Royale à Paris, qui lui consacre trois expositions personnelles en 1919, 1922 et 1923. Se réorientant vers les arts décoratifs, il réalise de nombreuses céramiques émaillées ainsi que des éléments de mobilier qui répondent à des commandes privées. Une collaboration s’engage en 1922 avec la Manufacture nationale de Sèvres, qui édite ses modèles en grès et en biscuit pendant plus de dix ans. Le Salon d’automne, en 1922, comme la Société nationale des beaux-arts, dès 1912, accueillent à la fois ses œuvres dans les catégories « sculpture » et « arts décoratifs ».

En 1923, il participe à l’exposition de printemps de Barcelone, expose peintures et dessins à la galerie Devambez, présente des œuvres à l’Exposition des arts appliqués du musée Galliera, au Salon des Tuileries et au Salon de la société des artistes décorateurs. En 1924, il expose au musée des Arts décoratifs, qui fait l’acquisition de Jeune femme au tambourin. Il signe un contrat avec la maison d’édition Colin, qui édite pendant dix ans des bronzes à partir de ses modèles. En 1925, Guino participe à l’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris, où il obtient diverses récompenses : diplômes d’honneur en Art du métal et Art de la céramique, médaille d’argent en Arts du jardin (sculptures de plein air). Il participe à l’Exposition d’art français contemporain au Japon avec Femme au miroir.

La même année, il obtient la nationalité française. Il épouse Gabrielle Borzeix (1897-1990), rencontrée au 7 rue Daguerre et qu’il a fait poser pour son dernier grand nu, Maternité (1920). Le couple aura six enfants : Georges, Claude, Éveline et les artistes Michel Guino, sculpteur, Marie Guino-Ronchi, peintre, et Jean Borzeix, sculpteur prématurément disparu. En 1942, Guino met sa famille à l’abri en s’installant dans un atelier de la banlieue parisienne, à Antony. Il y est bientôt rejoint en voisin par son ami le photographe Gervais Bougourd, qui faisait déjà partie de la joyeuse bande d’artistes animant le 7 rue Daguerre.

En 1928, Guino participe au XIe concours du musée Galliera, section bronze. En 1929, il expose à la galerie Hector Brame des dessins et plaquettes réalisées en ivoire, métal, terre cuite émaillée ou bois précieux pour des reliures. Il participe au Salon des indépendants et au Salon de la société des artistes français jusqu’à la fin des années 1940, obtenant diverses récompenses. En 1931, il expose à nouveau au Salon des indépendants ainsi qu’au musée Galliera et signe un contrat avec la maison d’édition Susse frères, qui édite ses modèles en terre et en bronze jusqu’en 1955.

À partir de 1932, à l’invitation d’un autre de ses amis ayant habité le 7 rue Daguerre, le peintre Roger Bréval, Guino noue des liens amicaux avec les Greber qui dirigent depuis plusieurs générations la Manufacture Artistique de Grès de Beauvais. Il découvre les argiles du pays de Bray et réalise la cuisson de ses céramiques aux Tuileries de Saint-Paul, où il partage un atelier avec André Boucher, qu’il forme aux arts du feu. Il développe son activité de portraitiste et peint sur le motif les paysages de la région. Des exemplaires de son Buste de la République (1934) ornent les mairies de Rainvillers et d’Ons-en-Bray.

En 1935, il présente des sculptures à la galerie Marcel Bernheim et participe à l’Exposition universelle de Bruxelles en présentant deux bas-reliefs pour le Pavillon de la ville de Paris, Femmes aux fleurs et Femmes aux fruits. En 1937, il participe à la décoration de la façade du pavillon du mobilier à l’Exposition universelle de Paris avec un bas-relief polychrome.

Guino réalise, entre 1937 et 1939, un important programme sculpté commandé par sir Bernard Alexander pour l’église Saint Teresa of the Child Jesus à Princes Risborough, au Nord-Ouest de Londres. Ces œuvres, réalisées en grès, sont cuites par la Manufacture des Gréber. Leur style monumental et synthétique développe une esthétique religieuse renouvelée. Elles sont présentées au Salon des arts appliqués en 1938 et 1939 et Guino obtient une médaille d’or au Salon des Artistes Français avec la monumentale Sainte Thérèse.

Après-guerre Guino, toujours recherché pour ses portraits, se consacre davantage aux arts graphiques et à la peinture. En rupture avec l’abstraction, il se retire progressivement de la scène artistique. Il participe encore aux Salons de l’association arts et culture du centre Paris-Gaz où il enseigne, en 1948 et 1949, exposant des vitrines contenant des sculptures et des céramiques qu’il peut désormais cuire dans son propre atelier à Antony. Cette production est un temps reprise par son épouse Gabrielle et plusieurs de ses enfants, qui font ainsi face aux restrictions de l’après-guerre. Les dernières années de Guino sont marquées par la création de dessins fantaisistes et érotiques qui révèlent un monde secret et pulsionnel.

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