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Fondeur

GONON

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  • Activité: Fondeur

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GONON
Fiche créée ou mise à jour par : le 16 août 2015

Description:

Regroupés sous GONON : GONON – GONON ET ROUSSEAU

 

GONON Jean-Honoré, dit Honoré (Né à Paris en 1780 – Décédé en 1850)

Activité : 1804-1829

Nationalité : Française

Adresse : 219 rue du faubourg Saint-Martin (emplacement de l’ancienne foire Saint-Laurent), Paris Xe (quartier Hôpital Saint-Louis)

Sable puis/et cire perdue

Le jeune ouvrier fondeur Honoré Gonon fut l’élève de Jean-Charles Rousseau (1756-1809), lequel pourrait être issu d’une famille de fondeurs actifs depuis le début du XVIIIe siècle au moins. Lorsqu’il emploie Gonon, il figure dans l’Almanach du Commerce à la rubrique « Fondeurs », sans mention de spécialité, à l’adresse : « Rotonde et Div. du Temple ».

Fondeur au sable (le premier à appliquer le procédé à l’art monumental) puis fondeur à cire perdue à partir de 1828/1829, Honoré Gonon se fait rapidement remarquer par la qualité de son travail. Il a juste 24 ans quand il met au point un système de moulage par assises, à l’aide duquel il fond une statue en pied de Jeanne d’Arc pour la ville d’Orléans en 1804 (« fonte en bronze de la statue de Jeanne d’Arc, moulée en sable par MM. Rousseau et Honoré Gonon, fondeurs, sous la conduite de M. Gois Edme (1765-1836), dit Gois fils, statuaire » (voir site http://inha.revues.org). Il n’a que 26 ans quand il se voit confier la fonte en plomb de la Renommée de Boizot surmontant la colonne de la fontaine du Châtelet à Paris (1806) (il y a une controverse concernant la fonte de cette statue : voir La Victoire de la colonne du Palmier, fontaine de la place du Châtelet : fonte Gonon ou fonte Gaudelet ? dans http://inha.revues.org/3474#tocto2n283).

Il est peut-être possible de voir en lui le fondeur des figures en plomb du Carrousel du Louvre dont les modèles furent fournis par Lemot en 1806. Les archives de la commande ne mentionnent donc pas le nom du fondeur mais elles décrivent un procédé tout à fait semblable à celui que Gonon avait mis au point pour la statue de Gois : moules en sable (alors que le fondeur en plomb utilise normalement un moule de plâtre) et terres repoussées dans les moules pour réserver l’épaisseur de métal. Si Gonon est bien le fondeur de ces figures, on peut imaginer qu’il collabora à cette occasion pour la première fois avec Lemot. Honoré Gonon aurait également pu rencontrer à l’occasion des travaux du Carrousel le ciseleur Canlers, que Denon avait chargé de recréer le char tiré par les quatre chevaux de Saint-Marc.

Selon Alfred de Champeaux, c’est en 1810 qu’il s’associe au ciseleur Canlers, pour ouvrir une fonderie au sable dans l’ancienne foire Saint-Laurent, faubourg Saint-Martin. Eugène Gonon, son fils, dément cette association et affirme que les deux hommes ne firent que collaborer amicalement. En réalité il travailla comme fondeur au sable à la fonderie Saint-Laurent, atelier créé par l’État pour les fontes monumentales.

Eugène Gonon dément catégoriquement que son père ait participé aux travaux de la colonne Vendôme (mais le frère d’Honoré, Aurélie (sic) ou Amélie (sic)-Jacques qui parfois usurpait le prénom d’Honoré, y participa ce qui put, selon Eugène, engendrer la confusion).

Le sculpteur Lemot est chargé de remplacer, pour le square du Vert-Galant à Paris, la statue détruite d’Henri IV de Jean de Bologne et Tacca. Les monuments équestres se fondent traditionnellement à la cire perdue. Lemot fait appel au mouleur en chef du musée du Louvre. C’est un échec. Il s’adresse alors à Gonon qui travaille dans l’autre fonderie étatique ; il fait une nouvelle fonte, au sable. Le monument est inauguré en 1818.

En 1925, Lemot, à nouveau chargé de remplacer une statue équestre détruite, celle de Louis XIV de Desjardins, à Lyon, prétend assurer lui-même la fonte à cire perdue. Échec ; Gonon est chargé de refaire au sable le cavalier et toutes les extrémités du cheval. Gonon se familiarisa ainsi avec les techniques de la cire perdue dont il comprit les immenses avantages, à condition d’en améliorer le procédé. Il fait de multiples expériences. En 1828, il parvient enfin à des résultats qui lui paraissent suffisants pour ouvrir en 1829, une fonderie à cire perdue.

 

GONON Amélie Jacques ou Aurélie (1773-1832)

Fondeur au sable, frère d’Honoré. Employé comme chef d’atelier pour les bronzes de la colonne Vendôme, il en dirige la fin des travaux après l’éviction de Launay.

Eugène Gonon le présente, probablement à tort, comme un homme peu habile et malhonnête qui jouait sur la réputation de son cadet dont il usurpait parfois le prénom pour trouver de l’emploi. C’est peu probable car, d’une part les autorités sont satisfaites de la façon dont il dirige la fin des opérations de fonte de la colonne Vendôme après l’éviction de Launay, d’autre part Honoré s’associe à lui pour soumissionner en 1814 pour la fonte de l’Éléphant de la Bastille : travail herculéen, très risqué, pour lequel ils n’étaient pas équipés, et qui supposait donc entente et confiance préalable entre les deux hommes. Ils sont proches jusqu’au décès d’Amélie en 1832 puisque c’est Honoré qui en fait la déclaration à l’état-civil. Eugène cherche probablement à dissocier le nom de son père de la fonte de la colonne Vendôme dont la réputation, suite aux vicissitudes de Launay, restera entachée durant tout le xixe siècle.

 

GONON Honoré et ses fils (1829-1840)

Adresse : Village de Belleville (aujourd’hui intégré à Paris, au pied de la « Butte de Chaumont »

Signature : « Honoré Gonon et ses fils »

Cire perdue

Il ouvre une « fonderie d’objets d’art difficiles à réaliser ». Assisté de ses deux fils, Joseph-Honoré et Eugène, il signe ses bronzes « Honoré Gonon et ses fils » et précise parfois les conditions de la fonte : « d’un seul jet », « sans ciselure ». Les Gonon père et fils produisent dans un premier temps de petites choses : agrafes de manteau reproduisant des figurines, poignées et fourreaux de dagues, boites à poudre également décorées de figurines, enfin une lampe gothique, tous objets créés en cire directe (donc uniquement des pièces uniques) par Félicie de Fauveau.

La première commande d’importance vient de Duret, qui confie aux Gonon son Pêcheur napolitain… Les commandes s’enchaînent sans discontinuer. Toutefois, le procédé n’est guère rentable et l’entreprise ne subsiste que grâce au soutien financier d’un oncle de sa femme.

Selon Eugène, son frère Joseph se montrait un fondeur au sable très adroit, mais ne montrait guère d’aptitude pour le cire perdue « bien qu’il ait travaillé avec moi constamment » de 1829 à 1839.

 

GONON Eugène (1814-1892)

Activité : 1844-après 1875

Signature : Fondu par E. Gonon

Adresses :

– 80 rue de Sèvres, Paris VIIe (quartier Ecole militaire), avant 1883

– 18 rue Pérignon, Paris VIIe (quartier Ecole militaire), août 1883-1892

Eugène, né en 1814, dans les locaux de la fonderie paternelle, rue du Faubourg-Saint-Martin, y fut d’abord apprenti, se formant pendant dix ans à la fonte au sable et à la cire perdue, à la ciselure, à la monture et au moulage, apprenant aussi « un peu de chimie et de métallurgie ». A 24 ans, il entre aux Beaux-Arts où, élève de Blondel et de Pradier, il suit une formation de trois ans. En 1839, il reçoit la troisième médaille pour la « figure modelée d’après nature ». A partir de 1853, il expose aux Salons et dans les Expositions de l’industrie de petites sculptures représentant généralement des oiseaux, en bronze, en plâtre ou en cire.

A côté de sa carrière de sculpteur, qui semble surtout avoir démontré ses talents de fondeur, il collabore avec son père avant de lui succéder à la tête de la fonderie en 1840. Il améliore le procédé paternel. Le soutien d’artistes comme Pradier lui permet de poursuivre son entreprise sans jamais en tirer un réel profit financier.

La qualité du travail de Gonon est telle que les sculpteurs s’inquiètent qu’on ne puisse l’égaler après la mort du fondeur qui n’a pas de successeur. Plusieurs d’entre eux rédigent une pétition à l’adresse du ministre des Beaux-Arts afin que l’État fasse l’acquisition du procédé. C’est chose faite en 1876. Gonon rédige un texte très complet qui, entre autres, décrit minutieusement son procédé. Il avait également mis au point une méthode de coulage originale, consistant à verser le métal par des conduites jusqu’au niveau du sol d’où il remontait pour pénétrer graduellement dans l’intérieur du moule.

 

Les innovations apportées par Eugène Gonon

Eugène Gonon est le premier, et probablement le seul, à avoir coulé ses grands moules de potée dans un châssis autour de ses grandes pièces.

Il écrit un « Art de la fonte à cire perdue », Paris, 1875. Resté manuscrit, conservé au Musée d’Orsay (voir Lebon, Op. cit., p. 170, Sources), qui décrit les améliorations qu’il a apportées.

Gonon évoque également parmi ses améliorations une cire particulière se coulant à la volée « pour former en quelques minutes l’épaisseur que l’on veut donner au bronze » (fonds Alfred de Champeaux, Bibliothèque des Arts décoratifs, Paris). Cependant les quatre recettes de cire données par Eugène dans son traité ne paraissent pas non plus très originales : il s’agit de mélanges de cire pure et de térébenthine, additionnés de résine et/ou de suif selon qu’on coule la cire à la volée ou pas, et selon les saisons (1876-Gonon, pp. 33 et 34).

La troisième avancée, qui  nous semble la plus réelle (sous réserve que les deux points précédents n’aient pas été significativement améliorés entre 1876 et 1885) est ce moulage rapide des grandes pièces débarrassant effectivement le procédé de l’excessive lenteur qui le desservait. Sa rapidité, écrit-il, est surprenante, comparable à celle de la gélatine (1876-Gonon, p. 50). Gonon précise que pour le groupe des Gladiateurs de Gérôme, il a coulé le moule de six mètres cubes en six heures, alors qu’il lui aurait fallu des mois pour le monter classiquement en couches de terre superposées. Il est donc significatif que cette avancée ait été boudée par les grands fondeurs à cire perdue qui lui succédèrent, continuant à pratiquer le fastueux et lent moulage au pinceau. Pouvons-nous y voir l’avantage donné (à qualité égale) à un folklore désiré, sur l’efficacité ?

À partir de 1882, Eugène Gonon travaille pour Rodin. En août 1885, Rodin solde définitivement ses comptes avec Gonon pour une raison inconnue.

Eugène Gonon travaille sept ans au bronze du grand relief de Dalou, Mirabeau répondant à Dreux-Brézé, achevé pour l’Exposition universelle de 1889.

Salué par ses confrères et soutenu par les artistes, sans doute ruiné par un procédé qu’il n’a pas pu rentabiliser, un peu aigri par le manque de reconnaissance officiel (il aurait souhaité que l’État lui envoie des élèves), il meurt dans la pauvreté, le 11 septembre 1892, ayant travaillé jusqu’à la fin.

Il semble qu’il ait réalisé au moins une fonte au sable : en 1850, il fond pour Pradier Pandora (cire perdue) et Médée dont une récente expertise laisse penser qu’elle fut fondue au sable.

Eugène eut deux fils : Georges Honoré (1847- ?), et Honoré Hippolyte (1852 – après 1892), tourneur sur métaux.

Les Gonon n’ont fondu que des pièces uniques. Restés totalement étrangers au monde de l’édition, poussés par la passion et non par le profit, ils sont atypiques dans leur temps et annonciateurs des bouleversements qui s’annoncent dans toute la profession au moment où Eugène disparait.

Sources et liens externes

Sources : 1) DEVAUX (Yves), L’univers des bronzes…, Paris,1978, p.277. - 2) HACHET (Jean-Charles), Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs, de l’Antiquité à nos jours, 2 vol., 18000 pages, 2005. Les fondeurs, tome II, p. 848-849. - 3) LEBON (Elisabeth), Dictionnaire des fondeurs, 2003, p. 168-170. - 4) Élisabeth Lebon, « Jean-Baptiste Rondelet, Pierre-Nicolas Beauvallet, Duchesne fils, Rapport fait à l'Athénée des Arts de Paris, 8 fructidor an XII », in Le fondeur et le sculpteur, Paris, Ophrys (« Les Essais de l'INHA »), 2012, [En ligne], mis en ligne le 30 mai 2012, consulté le 09 octobre 2014. URL : http://inha.revues.org/3547 - 5) http://inha.revues.org/3474#tocto2n283 - 6) http://inha.revues.org/3474#tocfrom2n160
Numéro d'identification de la fiche : 15755d0b84faf9a0

  

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