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Architecte

GEORGÉ

Informations :

  • Prénom: Marie Joseph Édouard
  • Nationalité: Française
  • Activité: Architecte
  • Date et lieu de naissance et de décès: Né à Nancy en 1856 - Décédé à Paris en 1897

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Fiche créée ou mise à jour par : le 22 mai 2014

Description:

Immeuble Sanchez de Larragoiti, 4 avenue d’Iéna (Paris XVIe), « construit en 1897-1898, par Xavier Schœllkopf (1869-1911) ».

L’histoire de cette demeure, aujourd’hui siège de l’ambassade d’Iran à Paris, est assez singulière, puisqu’il ne fallut pas moins de trois “artistes” pour la concevoir, puis pour l’édifier, et enfin pour la défigurer en très grande partie.

En effet, la série de plans, jointe à la demande de permis de construire publiée le 8 juillet 1897, est signée par un architecte du nom d’Édouard Georgé, demeurant 64 rue Blanche. Georgé n’est même pas mentionné dans l’article de 1900, puisque Schœllkopf, dont c’est la première œuvre connue, y est mentionné comme le seul auteur de l’œuvre. L’explication de ce petit mystère biographique est pourtant très vaguement suggéré dans un article du 12 janvier, où il est clairement dit que le jeune homme fut pendant plusieurs années l’assistant d’un architecte plus âgé, malade, et récemment décédé. Sans être nommé, il ne fait aucun doute que le “patron” évoqué n’était évidemment qu’Édouard Georgé.

Extrait de la notice nécrologique de Georgé, publiée dans “La Construction moderne”, le 2 octobre 1897 :

Édouard Georgé, architecte à Paris. On annonce la mort de M. Marie-Joseph-Édouard Georgé, architecte, inspecteur de la salubrité des garnis, membre de la Société des artistes français. Né à Nancy en 1856, Édouard Georgé, élève de M. Guadet et de la seconde classe de l’École des Beaux-Arts, était attaché au service d’architecture de la Préfecture de police pour l’inspection des garnis. Il avait pris part à plusieurs concours publics et avait obtenu une prime pour le monument de l’Abbé Grégoire, à Lunéville, ainsi que le premier prix (en collaboration avec M. Kahenn) pour la Salle des fêtes à au [sic] Jardin d’acclimatation à Paris. Édouard Georgé meurt à quarante et un ans, n’ayant pu encore donner toute la mesure de son talent, et sera vivement regretté de ses confrères et de ses anciens camarades.”

De cette courte notice, il ressort que cet architecte n’a pas beaucoup construit. À Paris, on ne compte pour lui qu’une rare poignée de chantiers : de menus travaux d’aménagements pour le 68 rue d’Aubervilliers, en 1893, un projet pour le 89 rue Servan, à l’angle de la cité Bertrand (1896), puis l’immeuble de la rue Alphonse-de-Neuville (1896), et enfin l’hôtel de l’avenue d’Iéna.

À la mort de cet architecte bien obscur, Schœllkopf reprit donc à son compte tous les projets en cours et installa même son agence à son adresse, 64 rue Blanche. Alphonse-de-Neuville, dans le XVIIe arrondissement, n’est pas sans enseignements.

On doit encore à Georgé l’immeuble du 15 rue Alphonse-de-Neuville,Paris XVIIe arrondissement.

Sans doute trop malade pour avoir dessiné lui-même l’hôtel Sanchez de Larragoiti suivant le style éclectique qui semblait bien être le sien, Georgé laissa alors faire l’essentiel du travail à Schœllkopf qui, à sa mort, reprit en totalité la paternité du projet. C’est donc sous son seul nom que l’édifice fut connu et publié, lui attirant une rapide célébrité qui allait rapidement le conduire à la construction de l’hôtel d’Yvette Guilbert.

Malheureusement, l’hôtel a peut-être été rapidement vendu, et ses nouveaux propriétaires s’empressèrent de confier à Gustave Rives le soin de remodeler l’édifice, à l’extérieur comme à l’intérieur. Ce travail semble n’avoir pas fondamentalement modifié la structure même de l’hôtel, puisqu’il ne fit pas l’objet d’une nouvelle demande de permis de construire.

Sur l’avenue d’Iéna, la maison perdit donc toute trace de “style moderne” ; seule sa belle clôture en pierre et en métal fut miraculeusement préservée. Mais le bâtiment lui-même, qui s’inspirait encore largement de l’art du milieu du XVIIIe siècle, devint définitivement de style Louis XV, et Gustave Rives, sans doute très fier de son intervention, gratta la signature de son prédécesseur pour la remplacer par la sienne, malheureusement sans la faire suivre d’une date qui nous aurait informés sur l’époque de ces modifications.

Sur la rue Fresnel, les écuries furent également sauvées, n’intéressant certainement pas les nouveaux propriétaires, sans doute indifférents à cette partie de la propriété et trouvant inutile de dépenser de l’argent à modifier des espaces purement utilitaires. C’est bien tout ce qui nous reste d’important de la première œuvre de Schœllkopf.

On regrettera, évidemment, la perte presque totale de ce probable premier chef-d’œuvre de l’Art Nouveau parisien. Il subit, presque immédiatement après sa construction, la terrible résistance du “bon goût” à une modernité trop audacieuse, dont on sait qu’elle n’a jamais réussi à s’imposer véritablement. Nous nous en plaindrons d’autant plus que Xavier Schœllkopf, lui aussi mort très jeune – et approximativement au même âge qu’Edouard Georgé ! -, fut assez peu prolifique.

On déplore la bien banale intervention de Gustave Rives, un architecte pourtant très talentueux, et qui a même plusieurs fois sacrifié à la mode de l’Art Nouveau dans sa carrière.

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