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FORGES DE SAINT-JULIEN (Forges de L’Horme)

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FORGES DE SAINT-JULIEN (Forges de L’Horme)
Fiche créée ou mise à jour par : le 5 octobre 2017

Description:

De la S.A. des Fonderies et Forges de L’Horme à la friche Pasteur (Écrit par Romain Fréry. 23 juillet 2015)

 

Au tout début du XIXe siècle, L’Horme n’est qu’un hameau de Saint-Julien-en-Jarez, qu’on localiserait aujourd’hui autour de la place de la Mairie. Le travail du fer y est déjà  implanté, artisanalement, sur les hauteurs de la vallée, mais aucun établissement industriel n’y existe alors. En 1821, le premier établissement industriel majeur consistant en une forge à  l’anglaise est implanté par un ingénieur, Joseph Bessy, dans le secteur du Garat. Elle emploie 167 ouvriers en 1823 dont 17 étrangers, la plupart anglais. Les pièces sont importées d’Angleterre et la forge est alimentée par la houille locale. On rappellera qu’une forge à l’anglaise consiste principalement en un laminoir qui remplace peu à peu les martinets ainsi qu’un four à puddler. Ce lieu-dit a aujourd’hui disparu, mais on peut le localiser à  l’emplacement actuel de la station d’épuration de la Maladière, à  l’extrémité Ouest de la commune.
À la mort de Joseph Bessy, son frère Charles le remplace et fait construire deux hauts-fourneaux à  proximité immédiate en 1825, dans les premiers de France historiquement. Ils sont mis à  feu en 1827 pour alimenter les forges.
Bessy s’associe en 1829 à Ardaillon et les deux ingénieurs obtiennent la concession des mines de fer de Saint-Chamond pour l’approvisionnement de leurs hauts-fourneaux. En 1832, Ardaillon devient le seul propriétaire des « Forges de Saint-Julien » et des hauts-fourneaux. Il obtient la concession des mines de Doizieux, Saint-Paul-en-Jarez et surtout de Veyras en Ardèche en 1843, qui fournira l’essentiel du minerai de fer pendant de longues années.

 

1847-1895 : la Société Anonyme des Fonderies et Forges de L’Horme

 

Plus tard, Girardet et Ardaillon s’associent et fondent la Société Anonyme des Fonderies et Forges de L’Horme avec un capital de 5 millions de francs, autorisée par ordonnance royale le 2 juillet 1847. La même année, des ateliers de constructions sont créés. Il est noté que l’exportation de l’entreprise vers Lyon, Paris ou le Sud de la France est à cette époque de plus en plus facilitée par la ligne ferroviaire Saint-Étienne-Andrézieux (puis par le fleuve Loire) et surtout la ligne Saint-Étienne-lyon. On supposera alors que déjà  à  cette époque, les usines bénéficiaient d’un embranchement ferroviaire personnel. Il devait comporter de nombreuses ramifications à  l’intérieur même du site pour amener et collecter les matériaux et les pièces entre les différents ateliers.
Nicolas-Léonce Marin, maître de forge, devient directeur de la compagnie en 1849 malgré la fragilité économique de la société. Il entraîne l’installation de nouvelles machines d’extraction pour les mines de Privas et de la Péronnière. L’outillage des hauts-fourneaux, de la forge et de la fonderie à  L’Horme, fut amélioré et augmenté. Malgré l’augmentation du prix du fer en 1852, Marin agrandit la forge, installe un train de rails et fer spéciaux, un train de tôlerie et une machine à  vapeur. 6 fours à puddler neufs sont mis en fonctionnement à la forge en 1853. Les voies ferrées sont également multipliées.
Alors que la production se situe à 11 000 tonnes de fonte et 3 500 tonnes de fer (puddlé sans doute) en 1850, nous lisons que vers la fin de cette décennie, elle peut atteindre jusqu’à 30 000 tonnes, et de 10 à 15 000 tonnes de fer fini grâce aux deux hauts-fourneaux construits à son usine de L’Horme et aux cinq hauts-fourneaux du Pouzin, en Ardèche (proches de ses mines de fer de Veyras et acquis en 1868). Un atelier d’ajustage et de construction est construit à L’Horme.
Malgré la crise de 1857, la compagnie continue son ascension et fait doter les forges et l’atelier de construction mécanique de nouveaux magasins et de nouveaux outils. Dans la décennie de 1860, de nouveaux terrains sont achetés aux alentours de l’usine pour permettre de nouveaux développements dans l’avenir.
Vers 1860, la société comporte une fonderie, des ateliers de construction, la « forge de L’Horme » et la « forge de Gier ». Anciennement « forge de la Chapelle », cette dernière est datée de 1741 quand elle n’était qu’une fonderie de fer. Appartenant aux sieurs Targes et L’Hospital en 1840, ces derniers y construisent trois fours à puddler (processus produisant un fer supérieur à  la fonte), et un four à  réverbère, dont la production est en bonne partie vendue aux hauts-fourneaux de L’Horme. Elle passe sous le contrôle total des Forges et Fonderies de L’Horme en 1862. Elle emploie 300 personnes en 1868.

Cette même année, la compagnie construit un vaste atelier de fonderie, contre les espaces de coulées des hauts-fourneaux. Grâce à  ses cubilots (fours à  ferrailles), ses fours à  réverbères et ses appareils de levage et de pesage, on peut y couler et y manœuvrer des poches de fusion de 10 tonnes et des pièces fondues de 60 tonnes, les plus grandes pièces de fonderie de l’usine. Grande halle la plus ancienne du bassin, elle possédait surtout une charpente métallique et des pylônes métalliques soutenant sa structure. Les murs étaient faits de pierres cimentées recouverts par endroits d’un crépi ocre très délabré, les angles et le contour des arches étant construits en briques d’argiles. Le toit était en bois et recouvert de tuiles plates. Deux petits lanterneaux s’élevaient au-dessus du toit. En l’absence de poteaux porteurs, les grues pouvaient librement pivoter sur elle-même et faire une rotation complète. Aucun équivalent de cette halle n’existait en France, dont la disposition précède le développement de l’usage du pont roulant dans la décennie suivante. La fonderie et les trois halles adjacentes forment ainsi un ensemble contigu de 3 800 mètres carrés. 300 personnes y sont employées à cette époque.
En 1873, les hauts-fourneaux produisent 50 000 tonnes, et la forge 22 000 tonnes. Cette année-là, Marin quitte la direction de l’entreprise. En plus d’avoir œuvré à  son développement, il fut maire de Saint-Julien-en-Jarez de 1856 à 1869 et œuvra à l’édification de L’Horme comme paroisse, et à  la construction de l’église et de l’école de filles. Des bâtiments pour accueillir les ouvriers furent également construits sur des terrains acquis par la société. Une importante rue de L’Horme, parallèle à  la rue principale, porte aujourd’hui son nom en sa mémoire.
La Compagnie des Fonderies et Forges de l’Horme acquiert en 1877 les Chantiers de la Buire à  lyon, spécialisés en particulier dans le domaine ferroviaire. À L’Horme, la compagnie fabrique alors des machines à  vapeur, des machines d’extractions et du matériel pour les mines de charbons, des machines soufflantes et du matériel divers pour les forges, les hauts-fourneaux et les chemins de fer. La forge de L’Horme produit ainsi beaucoup de rails de chemin de fer, jusque dans les années 1880 où elle arrête complètement cette production à cause de l’arrivée des aciers lorrains, plus compétitifs grâce à  l’utilisation de la minette lorraine. À cette époque, la forge de L’Horme comprend 14 fours à  puddler, 2 trains de laminoirs pour la fabrication de fer en barres et 2 fours Martin pour la production d’acier, qui remplaceront peu à  peu les fours à  puddler. Une aciérie est construite en 1883.
En termes d’employés, les ateliers de construction de L’Horme, à proprement parler, emploient 390 personnes en 1887. En 1889, la compagnie n’a cependant plus son siège social dans la Loire mais à  Lyon, avec un capital de 5 500 000 francs. Elle emploie alors jusqu’à  4 000 hommes en tout.
En 1895, elle produit aussi des marteaux pilons, des trains de laminoirs, des moulages allant jusqu’à  80 tonnes, des presses et autres pompes. Il est à noter que l’usine est équipée de machines à  vapeur actionnant des grues de manutention.
Pendant la période 1860-1895, en plus de la fonderie et des ateliers adjacents datant de 1868, des ateliers sont construits dans la partie Est du site, à des dates et pour des utilisations précises inconnues. Deux des bâtiments sont encore debout aujourd’hui. Des habitations sont construites le long de la rue principale, pour la plupart encore existantes aujourd’hui. Le Gier qui formait un coude dans la partie Nord-est du site est dévié et atteint un trajet plus rectiligne, l’ancien lit fut ensuite remblayé et la surface du site fut ainsi agrandie.

 

1896-1929 : la Société nouvelle des établissements de l’Horme et de la Buire

 

La compagnie fait pourtant faillite, en grande partie à cause des Chantiers de la Buire, en important déficit. Elle renaît très vite sous le nom de Société nouvelle des établissements de L’Horme et de la Buire. Les hauts-fourneaux de L’Horme n’existent déjà plus depuis quelques années et la société se concentre sur la grosse métallurgie, le chemin de fer et la construction.
La société fait construire de nombreux bâtiments et de nombreuses halles autour de 1900, formant peu à peu un ensemble contigu de 15 000 à  20 000 mètres carrés environ, englobant les quatre ateliers de fonderie. Les petits ateliers de construction disséminés dans le site sont ainsi détruits et remplacés.

 

Un atelier de mécanique et de peinture est construit dans l’angle Sud le long de la rue principale. D’autres bâtiments plus modestes sont construits dans la partie Est toujours le long de la rue, servant de lieu de dépôt voir d’habitation. Une halle de forge est aussi créée dans la partie Est du site, à l’écart de l’ensemble contigu. La halle de 1898 (aujourd’hui conservée) est édifiée dans la partie centrale de l’ensemble, abritant une remarquable série de poteaux doubles en fontes (peints aujourd’hui en blanc), avec un atelier de contremaître entièrement vitré.
Le tènement est un gros ensemble de halles aux toitures diverses, des toits à redans exposés au Nord (en bois sur les côtés) recouverts de tôles, ailleurs des toitures classiques en tôles ou en tuiles plates. La charpente est le plus souvent métallique.
Avec la guerre, l’usine tourne à  plein régime, fournissant du matériel de guerre divers à la France, alors que la Lorraine et le Nord-Pas-de-Calais, les autres cœurs industriels français, sont plus ou moins occupés ou sur les fronts. Le Pont de Boissieu, dit « Pont des boches », est ainsi un viaduc ferroviaire construit à cette époque. Ce sont en effet des prisonniers de guerre allemands qui l’ont bâti en 1917 afin de créer un embranchement moderne relié à la voie Saint-Étienne-Lyon. Les voies de chemin de fer actuelles serpentant sur le site et ses alentours sont donc certainement de cette époque, reliées à  la voie principale et le gabarit mis aux normes françaises.

La reprise des activités dans le Nord-Pas-de-Calais et en Lorraine, surtout, à  partir de 1920 met à mal les activités de l’entreprise, qui ferme ses portes en 1929.

 

1929-1952 : les Aciéries du Nord 

 

Les Aciéries du Nord, important groupe de mécanique générale, rachètent le site immédiatement, lequel ne fera pas l’objet d’aménagements avant le milieu des années 1930. À cette époque, de nombreux changements s’opèrent dans l’usine, réorganisant son intérieur et opérant notamment quelques extensions dans la partie nord-ouest de l’ensemble contigu, la construction d’un bâtiment à  l’Est et des démolitions de petits bâtiments, à  l’Ouest surtout.
Entre 500 et 600 personnes travaillent alors dans l’établissement à L’Horme, et des villas sont construites par la société pour le personnel d’encadrement dans la commune, rue des Cités et rue des Villas (les « villas ADN »). Les bâtiments se présentent comme deux logements mitoyens avec une architecture dans le style lorrain. Des terrains sont mis à disposition et transformés en jardins ouvriers pour le personnel, dans toute la commune (notamment au Sud) et peut-être juste à côté du site à l’Ouest (la date de mise en jardin n’est pas connue). Le Gier y faisant un coude, il sera dévié vers le Nord pour adopter un lit rectiligne.

Avant la Deuxième guerre mondiale, l’usine a le monopole régional de la réparation de matériel roulant de la compagnie de chemin de fer du PLM (jusqu’en 1938). On supposera alors une utilisation intensive de l’embranchement ferroviaire, qui était sensiblement plus important que dans les années 1960 par exemple.

Avec la perte de ce marché important, l’entreprise s’oriente vers les machines-outils pour diversifier sa production. De 1938 à 1941, elle se dévoue en partie à l’effort de guerre et produit des ailes d’avion, des tourelles de char et des moyeux d’hélice.
Les Allemands redonnent ensuite la priorité à la réparation de matériel ferroviaire. On supposera là encore des réorganisations successives de l’outil productif, des chaînes de montages ou de la fonction des ateliers par exemple. En 1943, des maquisards font sauter des compresseurs pour diminuer la capacité de production de l’usine.
Un plan des années 1940 indique un crassier de 43 030 mètres carrés à l’Est du site au-delà du Gier ainsi que des jardins dans la partie Sud de ce dit crassier. Les jardins ouvriers à l’Ouest totalisent 17 870 mètres carrés.

Une vue aérienne de 1942 permet de distinguer facilement le crassier et on y devine des tas de matériaux. Les produits de l’usine sont entreposés dans l’Est du site à la sortie des entrepôts, le long des voies ferrées. Le long de la rue principale s’étirent des dizaines de platanes bien alignés, dont beaucoup ont disparu aujourd’hui.
Un plan du site de 1944 (mis à  jour en 1951) indique une surface couverte de 30 617 mètres carrés et une surface de cour de 46 132 mètres carrés, avec un total de 76 749 mètres carrés. Une quinzaine de voies ferrées le parcourent.
À la Libération, la société est mise sous séquestre pour avoir aidé les Allemands (une aide plus ou moins forcée ?) en réparant des locomotives par le biais de la SNCF. L’usine s’oriente alors vers les travaux publics, avec notamment des tracteurs chenillés pour ce domaine de travail ainsi que pour l’agriculture. 1 000 personnes y sont employées ; l’usine ne comporte pourtant pas de piste d’essai pour les véhicules, ni de bureau d’études.
La société étant en difficulté à  cause des restrictions de ses activités, elle revend les actifs de plusieurs de ses sites et recentre les fabrications sur Maubeuge, Douzies et L’Horme : 10 tracteurs y sortent tous les mois, formant une bonne partie de la production. Seulement 60 000 heures par mois sont consacrées à  la réparation des locomotives, et ce jusqu’à son extinction un peu plus tard.
La mise sous séquestre se termine en 1947. L’entreprise s’occupe de chercher des terrains pour en faire des jardins ouvriers dans toute la commune, en supervisant la « Société des jardins ouvriers ».
Elle est ensuite réorganisée (1951), notamment les chaînes de production. L’Horme est alors la seule usine de France à  construire des tracteurs lourds (130 chevaux pour 14 tonnes pour les plus lourds).
L’entreprise ferme en juin 1952.

 

1953 – 1994

 

L’usine rouvre presque immédiatement sous le nom de Société d’Exploitation de l’Usine de Tracteurs de l’Horme (SEUTH) mais ferme une nouvelle fois en novembre 1953. Richier, groupe industriel de 7 000 employés, reprend alors l’usine en 1954 avec comme raison sociale « Mécalor ». Dans une période plus ou moins stable économiquement, l’usine de L’Horme devient Nordest au lieu de Mécalor vers 1960. Vers 1962, une grande halle en béton et des bureaux sur deux étages (total de 4 000 mètres carrés au sol) sont construits à l’Est du site. La construction rase à l’occasion une petite halle et s’accole à une autre petite halle plus à l’Est, qui sera détruite après 2000. Cette construction est faite de béton préfabriqué, la halle ayant un toit en sheds avec certains murs et des grands portails en tôles.

 

Richier cède plus tard le site à Ford qui souhaite diversifier sa fabrication de machines agricoles et de travaux publics. Le groupe américain fait alors arrêter les productions de grues et de niveleuses et se concentre sur les pelles hydrauliques. Richier est abandonné par Ford en 1979, date à laquelle il entre dans de sérieuses difficultés. En 1983, Richier n’a plus que 800 employés dont 350 seulement à  L’Horme. On y produit toujours des pelles hydrauliques sur roues et chenilles, des compacteurs, des niveleuses ou des rouleaux.
En 1983, le site est repris par la Société Rhône-Alpes de Construction (SRAC), une société « voulue par les pouvoirs publics » (CERPI, 2010) jusqu’en 1994, toujours dans la métallurgie.
Des plans et photographies aériennes témoignent aussi de cette époque et donnent les surfaces des possessions de l’entreprise.  De nombreuses données sont ainsi fournies sur un plan cadastral de 1966, ainsi que les superficies. Elles montrent que les possessions de Richier Nordest font en tout 239 444 mètres carrés. Il y a 9 650 mètres carrés de bâtiments culminant à plus de 9 mètres de haut, 10 800 mètres carrés de bâtiments culminants entre 6 et 9 mètres et 9 100 mètres carrés de bâtiments en dessous des 6 mètres. La société possède alors également 2,200 km de voies ferrées. L’embranchement total possède 8 voies d’aiguillage et 2 quais.
Une photo aérienne de 1983 montre que l’ancien crassier semble complètement abandonné et envahi par la friche, ainsi que la voie ferrée. On ne distingue pas de destructions de bâtiments mais avec la réduction des activités de l’usine, on aperçoit facilement qu’il y a beaucoup moins d’activités, de produits et de machines dans l’espace extérieur du site. À la place des anciens jardins ouvriers à  l’Ouest, il y a un espace vierge peu à  peu envahi par la friche. Le parc actuel y sera construit peu après.

 

De 1994 à aujourd’hui (été 2015)

 

En 1994 les bâtiments sont partagés en de multiples propriétaires et notamment la société immobilière Pascal qui achète le tènement principal. Cette société loua alors des espaces de travail ou de stockage très variables, suivant la demande du client. Il y eut des artisans, des petits industriels ainsi que des transporteurs, parfois au nombre de 25 en même temps. L’endroit est nommé « ZAC Pasteur » sur le mur d’enceinte à  l’entrée principale qui ne sera détruit que vers 2010. De 2007 à  2009 (Epora indiquant 2007 mais la société Pascal indiquant 2009, il s’agit sans doute d’achats fonciers au fur et à mesure), le terrain est cédé par la société Pascal à Epora. L’organisme se charge de la requalification foncière et détruit environ la moitié du tènement dans l’année 2012, laissant debout une petite moitié Est, la fonderie de 1868 et un bâtiment dans l’angle Sud-Ouest qui héberge alors encore un distributeur en sanitaire et chauffage, Téréva.

La moitié Est se compose alors principalement de la halle de 1898 et d’anciennes halles accolées, ainsi que la grande halle en béton et les bureaux récents. N’ayant aucun intérêt ni patrimonial ni architectural, elle est pourtant épargnée, sûrement pour sa fonctionnalité alors que près de la moitié du tènement datant de plus d’un siècle a été détruit. Pour le reste du tènement, on distingue aujourd’hui des murs en briques d’argiles parfois peintes qui forment l’essentiel des murs sur le côté ouest, ainsi que de la tôle et des moellons, sans doute récemment pour combler les trous dus à  la destruction. Les pylônes et les poutres métalliques sont ainsi apparents, il y a également quelques verrières. Étrangement, la façade arrière de la grande halle de 1898 a été ravalée récemment avec du crépi.
En 2013, le reste des bâtiments isolés du site Pasteur est pour l’essentiel encore occupé à des usages divers. Dans l’angle nord-ouest, deux anciennes halles construites entre les années 1860 et 1895 ont fait l’objet d’une réhabilitation intéressante de 2010 à  mi-2012 environ : le bâtiment le plus à l’ouest n’étant que peu orné d’arches ou de briques, sa reconversion en logements n’est pas flagrante quant à son utilisation industrielle postérieure. Relativement discret, l’aspect de ce bâtiment du côté du site Pasteur a été nivelé et il se présente en des logements en rez-de-chaussée avec un étage, mitoyens avec un petit jardin plus bas. Du côté du parc à l’ouest, on constate pourtant qu’il avait un très bel aspect de halle industrielle ancienne, ce côté-là ayant été traité différemment alors que l’aspect ancien a presque disparu de l’autre côté.
L’autre halle à  l’ouest est tout à  fait différente. Beaucoup plus massive, elle comporte de grandes arches et est ornée de briques apparentes. Son ancien aspect a été largement respecté, les fenêtres prenant place à la place des arches, très peu d’ouvertures ont été percées et la couleur des façades est restée d’origine. Les appartements se situent sur 2 étages par lesquels on accède par un escalier extérieur. Le rez-de-chaussée sert soit de garage pour quelques rares appartements, une porte de garage se situant dans l’arche, soit de cave sans doute, l’arche étant alors comblée par un mur. Vingt-neuf appartements prennent place dans ces deux bâtiments.
L’enseigne de supermarché Aldi occupe un bâtiment qui forme l’angle sud-ouest du site depuis quelques temps. Construit dans la période 1895-1935, il ne présente pas un grand intérêt architectural à première vue, ayant été fortement remodelé. Juste à l’est le long de la route, l’enseigne Laurent Automobile occupe un bâtiment de belle qualité en pierres et en briques, un ornement indiquant sa construction en 1909. Il a été relativement peu aménagé au fil du temps, notamment l’arrière du bâtiment.
Les bâtiments plus loin, le long de la rue sont des logements à l’état extérieur relativement bon, dont l’occupation réelle est sans doute variable. En revanche, la dernière section est complètement abandonnée, les façades et la toiture en très mauvais état. Plus loin, une association pour jeunes a pris place dans un petit bâtiment un peu plus récent. Ensuite, un vieux bâtiment en grosses pierres apparentes et en briques est inoccupé. Un bâtiment adjacent de plusieurs étages a été bien rénové et accueille des logements. À côté, une station de lavage a été construite un peu après 2000. Le site Pasteur se termine au nord-est par des petites habitations d’un étage avec jardin. Construit vers 2000, ce lotissement sert de résidence pour les familles de gendarmes.
Une route a été tracée dans les années 2000 juste à la limite est du site. Empruntant l’ancien pont de la voie ferré, elle permet d’accéder à  tout un lotissement de plus d’une quarantaine de maisons individuelles, construit vers 2000. Ces constructions prennent en fait place sur, d’une part, la voie ferrée ainsi qu’une petite voie de garage, mais surtout à  la place de jardins et d’un grand espace de dépôt de déchets divers de l’usine : crassier et déchets de construction sans doute.
Comme ce qui était redouté, de la peinture au plomb est découverte dans la halle de 1868, sans surprise. Décision est prise vers le début de l’année 2014 de la démolir totalement, les frais de dépollution étant jugés trop lourds. Avec la démolition d’une grande partie du site, et notamment de sa halle la plus prestigieuse, se pose la question de la gestion du patrimoine.

 

On s’aperçoit qu’il ne tient qu’à  un fil, et que les projets d’aménagement restent d’abord dictés par l’argent et la rentabilité, beaucoup moins par l’histoire et la sauvegarde du patrimoine. On retrouve encore quelques vestiges des anciennes voies ferrées en écartement normal utilisées encore dans les années 60-70. Mais on repère aussi un petit chemin de fer d’un écartement de seulement 80 cm qui n’a plus dû être utilisé depuis très longtemps, sortant des petites halles au sud-ouest de l’ancien tènement, aujourd’hui propriétés de Téréva. Elles sont aujourd’hui vouées à  la destruction dans la seconde moitié 2015. Les gravats issus des démolitions ont été concassés et rassemblés derrière la fonderie. Derrière le tènement restant à l’est, des matériaux comme des tuiles sont encore entreposés. Avec les destructions et les grands vides créés, les halles ouvertes aux vents, le site Pasteur apparait encore plus délabré et dévasté. Quelques artistes muraux ont marqué leur empreinte sur ses murs.

 

Pour ce qui est de son aménagement et de son avenir, le site a été défini dans les années 2000 comme un site stratégique par Saint-Étienne Métropole. Le projet reste néanmoins essentiellement géré par la mairie de L’Horme, son rôle futur étant essentiel à  la commune : situé en plein centre de la ville, le long de sa rue principale, il vise à établir un vrai centre de ville qui lui manque cruellement. En effet, sa vie commerciale s’est depuis quelques temps affaiblie et éparpillée ; la population autour de la Grand’rue et du cours Marin tend à  se réduire et à  s’évader sur les coteaux, sinon à  se paupériser.
Le projet initial avait pour but d’ouvrir le site à la ville et de créer une centralité alors que la commune ne vit plus uniquement autour de sa rue principale, à l’instar d’autres villes de la vallée du Gier. Le projet se décompose en 2 parties : à  l’est une construction de logements, environ 300, afin de ramener de la population dans l’espace urbain dense, et notamment des ménages de la classe moyenne qui font de plus en plus défauts. À l’ouest, l’opération est plus délicate et devait séduire des investissements plus lourds pour y établir un petit pôle commercial, sans plus de précision. On souhaite également ouvrir le site au Gier qui coule juste derrière, resté longtemps caché. Enfin, on envisage de créer une transversalité entre les quartiers centraux de la ville, spécialement sa grand-rue, avec les coteaux. Le site Pasteur ferait office de pont reliant ces 2 ensembles géographiques aujourd’hui trop coupés et isolés l’un de l’autre.
Dans les faits, cela s’avère plus compliqué que ce que prévoyait le projet initial et son calendrier. Après les acquisitions/démolitions menées par Epora, les avancées sont très timides. Les projets régionaux concurrents (agrandissements de centres commerciaux, projet du Pont de l’Ane) ainsi que la déprise économique, notamment en matière d’immobilier commercial, ne sont sans doute pas étrangers à  cette stagnation. L’aménagement reste aujourd’hui assez risible : seul un petit établissement de football à  5 joueurs s’est installé au nord-est du site. Le panneau du projet s’est depuis réduit : n’est envisagé que la construction de 230 logements, maigre devenir par rapport au projet initial. Pour mieux rebondir quand la situation économique se rétablira ?

 

PHOTO : Halle de fonderie B11 de 1868 en 2013.

Numéro d'identification de la fiche : 30359d23bec557f4

 

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