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Fondeur

FONDERIE DE DOMMARTIN-LE-FRANC

Informations :

  • Activité: Fondeur

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Fiche créée ou mise à jour par : le 16 août 2015

Description:

« L’USINE DU BAS » DE DOMMARTIN-LE-FRANC

 

  • Des origines à la fin du XIXe siècle

En 1269, il est déjà fait mention d’une forge à Dommartin-le-Franc. Celle-ci sera longtemps propriété de la famille de Lorraine.

En 1459, Charles VII confirme Ferry II de Lorraine dans ses droits « immémoriaux ».

En 1517, une princesse de Lorraine afferme sa grosse forge de Dommartin à Jean Boileau.

En 1662, elle est donnée à bail par Arthur Guillaume de Saint-Eulien, seigneur de Dommartin.

En 1669, un second bail est fait par Nicolas Guillaume de Saint-Eulien, son fils. Un troisième sera signé par Guillaume de Saint-Eulien.

En 1720, le fief est transmis ensuite à la famille de Saint-Geniest de Joinville.

En 1732, Louis-Auguste Cousin de Châtillon en devient propriétaire du fief. Les baux n’évoquent aucune activité continue dans la forge dont le destin reste obscur jusqu’en 1773, date à laquelle Arnould-François Cousin de Châtillon, fils de Louis-Auguste, obtient l’autorisation de reconstruire.

En 1778, Cousin de Châtillon donne son usine en fermage à Jean-Hubert Rozet, dit Champerlé qui devint plus tard maître de forges au Clos-Mortier (Saint-Dizier). Au début de la carrière de Rozet à Dommartin, on y produisait des plaques de cheminées, des poêles à bois, des chenets, des potagers, des tuyaux, des marteaux de forge. Rozet, à la demande d’un marchand de fer d’Orléans, dénommé Blanchard, se lança dans la fabrication de « vases en fonte pour mettre dans les jardins… ». Si l’expérience ne fut pas concluante, elle préfigura un marché qui explosa à partir de 1850, celui de la fonte d’art et d’ornement où les fondeurs haut-marnais ont excellé (le savoir-faire local est déjà reconnu au XVIIe siècle par Louis XIV qui fit commander à Tempillon (Rachecourt-Suzémont) 400 contrecœurs (= taques) et des tuyaux lors de la construction du château de Versailles.

En 1798, Dommartin produit des plaques de cheminées, chaudières, boulets et fontes en gueuse et emploie 21 ouvriers internes en 1818.

En 1820, Mme d’Armand de Chateauvieux, fille de Arnould-François Cousin de Châtillon, donne l’usine à bail pour 27 ans à Charles Jean Baptiste Le Bachellé dont il avait épousé la fille, Anne Delphine en 1813. Tous trois demeurant à Courcelles-sur-Blaise. Le Bachellé développe l’usine avec notamment, l’installation d’un four de seconde fusion wilkinson en 1827 et en devient propriétaire en 1832 au décès de sa belle-mère.

En 1834, Louis-Philippe lui accorde l’autorisation d’établir un second haut-fourneau en amont de l’usine. On parlera désormais de l’usine du haut.

En 1836 l’usine du bas est louée à M. Perron. Celui-ci devient l’associé de la société Danelle, composée de Fidèle Constant Joseph Danelle, maître de forges au Buisson, Charles-Antoine Gény, maître de forges à Montreuil-sur-Blaise et Victor Doé, maître de forges à Chamouilley. L’année suivante, alors que l’usine comportait déjà un ancien bocard à cinq pilons et patouillet à une huche, un nouveau bocard à dix pilons et patouillet à deux huches, un troisième haut fourneau avec fonderie furent autorisés.

En 1849, à la mort de Jean-Baptiste Le Bachellé, son fils Louis-Alexandre s’associe à son beau-frère Ferdinand de Chanlaire pour créer les établissements Le Bachellé & Cie. Ils diversifièrent leur production et partent à la conquête de nouveaux marchés dont ceux des poêles et cuisinières mais aussi de la fonte ornementale. Ils collaborent avec le marchand de fer parisien Ovide Martin (qui est mentionné en 1851 comme exposant à l’Exposition universelle de Londres et en 1856, comme maître de forges et fondeur en fer doux et cuivre ; en 1867, il n’est plus que propriétaire de modèles ; son fonds fut par la suite racheté par l’usine).

En 1874, Ferdinand de Chanlaire revend ses parts à Alexandre Le Bachellé. L’entreprise décline. Elle employait 175 hommes, 6 femmes et 3 enfants en 1883. En 1885, elle est en cessation de paiement. Alexandre Le Bachellé demande la liquidation et tente, avec l’aide d’un syndic de sauver l’affaire mais ne peut empêcher la faillite en juillet 1890.

 

  • 1890-1986 : les quatre dernières générations aux commandes de l’usine

En 1890, Ferdinand de Chanlaire reprend les actifs Le Bachellé et fonde une société avec son fils Charles.

En 1895, à la mort de Ferdinand de Chanlaire, Charles et son neveu Charles de Magnienville s’associent et créent la société Les héritiers de Ferdinand de Chanlaire qui passe en nom collectif en 1917 et exploite les Hauts-fourneaux, Fonderies et Émaillerie de Dommartin-le-Franc. Ils embauchent un directeur dont le fils et le petit-fils exercèrent les mêmes fonctions.

Entre 1895 et 1913, ils investissent dans un matériel plus performant et rachètent, en 1910 le brevet de la fameuse cuisinière Maillard à la mort de son inventeur.

Vers 1936, un catalogue (non daté) accompagnant un tarif présente sous 127 rubriques environ 1000 modèles dans les rubriques chauffage, ménage, fumisterie, assainissement, serrurerie, vases, fontes mécaniques et fontes funéraires. Les articles de chauffage et de ménage, d’une grande finesse d’exécution, sont émaillés dans un nouvel atelier qui a conservé ses fours. Les décors délicats sont peints à la main par des femmes.

En 1946, au décès de Charles de Chanlaire, Charles de Magnienville prend en charge les destinées de l’usine en conservant les mêmes orientations et ajoute la production de seuils de fenêtres et de portes. À la mort de Charles de Magnienville en 1963, ses fils, Charles-Étienne et François, poursuivent la mécanisation. L’achat en 1964 de machines à mouler imposa la réfection de toute l’électricité. Après l’effondrement du marché des cuisinières et du chauffage traditionnel, les deux frères décident d’exploiter à nouveau le très ancien fonds de modèles de plaques de cheminées et celui des fontes d’art constitué au XIXe siècle. Ils modernisent l’entreprise et se lancent dans de nouvelles productions (récupérateurs de chaleur, etc.).

En 1968, deux cubilots de 4,5 tonnes remplacent les anciens. Autour de 1975, ils investissent dans un nouvel atelier et un chantier de moulage, avec pont roulant pneumatique, silo à sable et sablerie afin de mouler au sable furanique (sable mélangé avec une résine chimique autodurcissante). Jusqu’alors, le sable était battu à la pelle et les moules, faits à la main, étaient séchés dans des étuves. 180 ouvriers travaillent à cette époque dans l’usine.

En 1980, ils créent le magasin Les Fontes d’Art de Dommartin pour vendre sur place une partie de leur production ornementale, mais la conjoncture, morose, et le nouveau réseau commercial n’alimente pas assez l’usine qui restait dépendante de la société Fildier dont les commandes de seuils de portes et fenêtres représentait 50 % de la production.

Le 14 juin 1983, les Fonderies et Émaillerie de Dommartin-le-Franc déposent leur bilan. Pendant deux ans, elles poursuivent leur activité sous redressement judiciaire, mais la disparition de la société Fildier leur donne le coup de grâce en 1985. M. Gutmann qui dirigeait les Fonderies de Chevillon reprend l’usine sous l’appellation Fonderie du Vallage mais dépose le bilan en 1987. Les familles Lang et Ferry rachètent une partie des bâtiments et le magasin des Fontes d’art de Dommartin et M. Cordier, repreneur des fonderies d’Allichamps puis de Chevillon, poursuit l’activité jusqu’au 31 décembre 1992, date de l’arrêt définitif de l’usine. Une trentaine d’ouvriers y travaillaient encore.

En février 1994, les bâtiments et machines de production sont rachetés par l’Association pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine métallurgique haut-marnais. L’usine est devenue le Conservatoire des arts de la métallurgie.

 

« L’USINE DU HAUT » DE DOMMARTIN-LE-FRANC

1835-1885, 50 ans séparent la première mise à feu et la dernière coulée du haut-fourneau de l’usine du haut. Exploité puis entretenu par six générations de la même famille, le site restera associé à la production de l’usine du bas.

À 300 mètres de l’usine du bas, la brève vie de l’usine du haut.

Sollicitée auprès de Charles X le 20 juin 1828, la demande d’autorisation d’établir un haut-fourneau à marchandises sur la tête d’eau du moulin, dont Jean-Baptiste Le Bachellé est propriétaire, attendra six ans avant de connaître une issue favorable par ordonnance de Louis-Philippe du 28 avril 1834.

Le 10 août 1834, alors que le haut-fourneau de l’usine du haut est en construction (réceptionné le 21 juillet 1835) Le Bachellé sollicite auprès du préfet l’autorisation de maintenir en activité les ateliers de lavage dépendant de ses usines. Cette demande sera suivie par celle de la construction d’un troisième haut-fourneau, d’un nouveau bocard et d’un patouillet à l’usine du haut. Le Bachellé obtiendra gain de cause en 1837, année où il investit dans un wilkinson et un four à coke pour l’alimenter. Il semble avoir exploité lui-même l’usine avec l’aide d’un régisseur. En 1848, il souhaite affermer ses deux usines à Élophe Capitain, maître de forges à Rimaucourt, gérant de la Société Capitain Rémond et Cie. Si le bail fut conclu, il fut de courte durée. Jean-Baptiste Le Bachellé et Élophe Capitain meurent en 1849. Alexandre Le Bachellé et Ferdinand de Chanlaire créent la même année la Société Le Bachellé et Cie et poursuivent l’activité des deux usines. Elle sera liquidée en 1885, le site servira d’annexe à l’usine du bas.

L’inventaire dressé en 1885 mentionne du matériel d’émaillage. Est également développée sur le site la poterie de fonte inoxydable. Le four à émailler existe toujours en 1913. L’activité s’effacera petit à petit et les halles seront utilisées comme réserve de sable jaune et vert ou de débarras.

Malgré la disparition des appareils de production, de la cheminée et de la configuration de la toiture au-dessus du gueulard, le haut-fourneau est presque intact lorsque Charles-Étienne et François de Magnienville obtiennent son inscription à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1986.

 

Voir le numéro spécial de la fonderie de Dommartin-le-Franc : Fontes 64-65.

Sources et liens externes

Sources : 1) DELORME (Philippe), Aux origines de la fonte d’ornement, un essai en Haute-Marne à la fin du XVIIIe siècle, le haut-fourneau de Châtillon (Dommartin-le-Franc, dans Fontes, n° 45, mai 2002, p. 3-8. - 2) HACHET (Jean-Charles), Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs, de l’Antiquité à nos jours, 2 vol., 18000 pages, 2005. Les fondeurs, tome II, p.836. - 3) ROBERT-DEHAULT (Elisabeth) Dommartin-le-Franc, un haut-fourneau, un lieu, des hommes, dans Fontes, n° 64-65, mai 2007. 500 ans de métallurgie, L’usine du bas de Dommartin-le-Franc, plus de 500 ans d’activité, p.15-27 ; A 300 mètres de l’usine du bas, la brève vie de l’usine du haut, p. 28-48.
Numéro d'identification de la fiche : 25155d0b473d4287

 

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