Sculpteur
CARRIÈS
Informations :
- Prénom: Jean Joseph
- Nationalité: Française
- Activité: Sculpteur
- Date et lieu de naissance et de décès: Né à Lyon le 15 février 1855 - Décédé à Paris le 1er juillet 1894

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Jeunesse
Fils d’un cordonnier, Jean-Joseph Carriès se retrouve orphelin en 1861, à l’âge de 6 ans. Il est recueilli, ainsi que ses frères et sa sœur par la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Il effectue son apprentissage de modeleur estampeur chez un sculpteur d’objets religieux, Pierre Vermare à partir de 1868, il étudie parallèlement, lorsque l’occasion se présente, à l’école des beaux-arts de Lyon, sur les conseils de son maître. Il y révèle rapidement sa personnalité et découvre l’art gothique dans les musées et les églises ; en particulier le portail gothique de la cathédrale Saint-Jean, qu’il voit tous les jours et le Musée des arts décoratifs de Lyon dans lequel il admire tous les dimanches les moulages en plâtre du monastère de Brou. Il quitte l’atelier de Vermare au bout de deux ans et travaille seul jusqu’à la fin de l’année 1873, part s’installer à Paris en Janvier 1874 où il devient temporairement l’élève de Dumont et reçoit des conseils de la part de Falguière et Lehmann. Il échoue au concours d’admission à l’Ecole des Beaux-Arts et travaille donc seul, selon sa propre inspiration.
Carrière
1875-1888 : les portraits parisiens
Durant ces années, Carriès est avant tout reconnu pour ses portraits et vit de ce type de commandes, ce qui ne l’empêche pas d’expérimenter des formes assez audacieuses et directement issues de son imaginaire (par exemple, Le Guerrier, autoportrait imaginaire de l’artiste en conquistador espagnol).
Sa première participation à un salon date de 1875. Les premiers bustes qu’il exposa étaient extrêmement détaillés dans leur facture et il fut accusé d’avoir en réalité fait des moulages sur nature, comme ce fut reproché à Rodin. En 1876, il est rappelé à Lyon pour voir sa sœur, novice à l’orphelinat de Saint-Jean, qui allait mourir de la tuberculose, à l’âge de 18 ans. Il modela son buste pour en faire plus tard une œuvre en sa mémoire : La Novice. La même année il réalise le buste d’Eugène Allard, un peintre assassiné par un modèle à Rome ainsi que Eugène Allard voilé dit Le Sommeil qui figure la tête du peintre couverte d’un voile qu’il fit de sa propre initiative et l’offrit à Mme Allard, la femme du peintre, qui lui avait commandé le buste.
En 1877 il s’engage dans un régiment d’infanterie en garnison à Montauban mais grâce à la recommandation de la sœur Callamand, celle qui l’avait recueilli alors qu’il était orphelin, il obtient l’autorisation de continuer à modeler et il obtient même un congé qui lui permet de regagner Paris jusqu’à sa libération.
Il est très remarqué au Salon de 1881, qui est le salon qui le fait connaître et où, il expose la théâtrale tête décapitée de Charles Ier pour lequel il obtient la mention honorable.
En 1882, il expose ses bustes des Déshérités en plâtre, enrichis de patines savantes, représentant des marginaux et des pauvres et mêlant naturalisme et symbolisme au Cercle des Arts libéraux. Cette série est complétée par d’autres bustes idiosyncratiques en plâtre, cire et finalement en bronze, de membres de la famille, de figures religieuses et de bébés étranges et dérangeants.
En 1883, il expose au Salon l’Évêque qui est également un succès et obtient la mention honorable. Ce buste ainsi que celui de Charles Ier sont coulés en bronze et acquis par l’État en 1889.
Il réalise d’autres bustes dans la période allant jusqu’à 1888 comme ceux de Jules Breton, Vacquerie, Loyse Labbé, Franz Hals, Mme Hals ou Femme de Hollande, Vélasquez, La Religieuse, l’Infante ou encore Le Guerrier. Ses bustes sont édités dans l’atelier de Pierre Bingen, l’un des premiers à pratiquer la cire perdue à Paris, ce qui donnait à ses œuvres une patine particulière.
L’intérêt de Carriès pour le grès émaillé et les céramiques date de l’exposition universelle de 1878, à Paris, où il voit des exemples d’œuvres japonaises réalisées dans cette matière. Il est encouragé dans cette démarche par Paul Gauguin, à qui il est présenté pendant l’hiver de 1886-1887 par Ernest Chaplet dans l’atelier de céramique de ce dernier, rue Blomet.
En 1888, fuyant le Salon officiel, il expose ses œuvres dans l’hôtel particulier parisien de ses mécènes Paul et Aline Ménard-Dorian et rencontre un véritable succès lui permettant de réaliser son rêve de faire des œuvres en grès, c’est pourquoi il part à Puisaye.
1888-1894 : l’influence décisive de Puisaye
À l’automne 1888, Carriès a gagné une indépendance financière suffisante pour lui permettre de se consacrer essentiellement à perfectionner le procédé complexe de cuisson de la poterie en grès émaillé : « ce mâle de la porcelaine » comme il l’appelle. L’artiste installe un atelier à Saint-Amand-en-Puisaye, cité connue pour son argile et ses potiers. Fermement engagé lui-même dans son rôle d’artiste-artisan, Carriès crée des glaçures dans de subtiles variations de brun, de beige et de crème.
À partir de 1888-1889, il applique ces effets de couleurs à de nombreuses versions de ses anciens portraits en céramiques et à un répertoire toujours plus important d’autoportraits, d’animaux et de masques fantastiques inspirés par la sculpture gothique et l’art japonais. C’est à travers ces deux dernières influences que l’extrême réalisme de Carriès mène à la distorsion, à la caricature et finalement au grotesque. Inspiré par le symbolisme, il recourt de plus en plus au motif de la « tête coupée », représentant des têtes sur des socles réduits.
En janvier 1889, il organise sa première exposition de grès dans son atelier à Paris, le Tout-Paris cultivé s’y rend.
En 1892, Carriès expose 130 pièces, dont certaines tirées de la Porte de Parsifal au Salon de la Société nationale des beaux-arts et s’attire les éloges ce qui lui vaut d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur le 19 juillet 1892.
La Porte de Parsifal
Vers 1890, la princesse Louise de Scey-Montbéliard, née Winnaretta Singer et future princesse Edmond de Polignac, lui commande, à partir d’un dessin d’Eugène Grasset, ami de l’artiste, une porte monumentale destinée à aménager une pièce de son nouvel hôtel particulier parisien de la rue Cortambert où doit être conservé le manuscrit de Parsifal de Richard Wagner, qu’elle projette d’acquérir. Conçu en grès émaillé, le modèle ne pèse pas moins de vingt-deux tonnes et doit comporter 600 carreaux de grès émaillé. Il aurait aussi dû mesurer 6m de haut et aurait ainsi séparé la pièce dédiée au manuscrit du hall dans lequel elle recevait des mélomanes et organisait des concerts privés. (…)
Pendant plus de trente ans le plâtre original, grandeur nature, de La Porte de Parsifal fut exposé à Paris au Petit Palais, à l’entrée d’une pièce dédiée à l’œuvre de Carriès. En 1934, à cause d’une décision de Raymond Escholier, alors directeur du musée, le modèle fut démonté puis détruit en 1950 et la salle consacrée à Carriès démantelée (pour L’Exposition de l’art italien de Cimabue à Tiepolo à laquelle Raymond Escholier avait travaillé dès son entrée en fonction et pour laquelle la Ville de Paris et l’État collaboraient. Cette exposition consacrée à la peinture italienne attira 600 000 visiteurs et fut qualifiée par Kenneth Clark, directeur de la National Gallery de « la plus extraordinaire manifestation d’art qui ait jamais eu lieu ». Afin de ménager de la place pour cette exposition, Escholier n’avait pas hésité à supprimer la salle consacrée au sculpteur Jules Dalou (il faudra attendre 2005 pour qu’une petite salle lui soit à nouveau dédiée) et à ordonner la destruction irrémédiable du modèle en plâtre grandeur réelle de la Porte monumentale du sculpteur Jean Carriès).
Mort
Mort en pleine gloire d’une pleurésie le 1er juillet 1894, il est inhumé à Paris dans la 12e division du cimetière du Père-Lachaise, son Autoportrait ornant sa tombe.
Œuvres dans les collections publiques
Canada : Montréal, musée des beaux-arts : L’Homme au grelot, dit Le Bouffon désespéré, 1892, grès émaillé.
France
– Le musée du Petit Palais à Paris conserve un fonds d’œuvres de Carriès, données pour une large part en 1904 par l’ami intime de l’artiste, Georges Hoentschel, architecte, décorateur, collectionneur et lui-même céramiste. Le musée d’Orsay possède également plusieurs exemples de son travail.
– Dijon, musée des beaux-arts : Le Mendiant russe, 1887, plâtre à patine brune
– Lyon, musée des beaux-arts : Portrait de Loyse Labbé, bronze et Le Mendiant russe, ou Le Déshérité, vers 1881, plâtre patiné
– Paris – Musée d’Orsay : Buste de Jules Breton (peintre), vers 1881, bronze – Le Mineur de la Loire, plâtre patiné – Faune, tête en bronze, grès émaillé
– Paris – Petit Palais : Buste de Jules Breton (peintre), vers 1881, plâtre patiné – Porte de Parsifal, fragments, grès émaillé – Les 3 enfants Fabvier, médaillonn – Saint-Amand-en-Puisaye, musée du grès : Autoportrait, plâtre patiné
Expositions
– Du 31 mars au 11 juin 2007 : Auxerre, musée Leblanc-Duvernois
– Du 1er octobre 2007 au 31 janvier 2008 : Paris, Petit Palais, « Jean-Joseph Carriès, La matière de l’étrange »
Sources et liens externes
Sources : Dictionnaire Bénézit, dictionnaire Lamy, Les bronzes du XIXe siècle, dictionnaire des sculpteurs (Kjellbert Pierre, les Éditions de l’amateur, Paris, 1996), L’univers des bronzes (Devaux Yves, Éditions Pygmalion, Paris, 1978), L’âge de la fonte (Renard Jean-Claude, Les éditions de l’amateur, Paris, 1985), Wikipédia.1543 vues au total, 0 vues aujourd'hui
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