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Fondeur

BAUDIN

Informations :

  • Nationalité: Française
  • Activité: Fondeur
  • Date et lieu de naissance et de décès: Sellières et Toulouse-le-Château (Jura)

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Fiche créée ou mise à jour par : le 22 mai 2014

Description:

Forge et fonderie BAUDIN – Sellières et Toulouse-le-Château (Jura)

 

Les Forges de Baudin se trouvent sur le territoire de deux communes Toulouse-le-Château et Sellières.
À la fin du XVIIIe siècle, Claude-Étienne Jobez et Claude-Joseph Morel rachètent un vieux moulin à grains datant du moyen-âge et y transfèrent le haut-fourneau de Frontenay. Ils utilisent l’eau de la Brenne, le minerai de Money et le charbon de bois de la forêt de la Bresse. Le site prend de l’expansion avec Marie-Étienne Monnier, gendre de Jobez et gérant du site. Edmond Monnier succède à son père, Baudin devient le troisième site industriel du Jura, la production est de 1 000 tonnes par an. On y fabrique outils, fourneaux, poêles, croix … Edmond Monnier veut créer une cité industrielle idéale où fouriérisme et catholicisme cohabitent. Il fournit logement, jardin, vignes, repas, école, épicerie, boulangerie, infirmerie, caisse d’épargne, société mutuelle pour les frais médicaux et même cimetière. Il existe une monnaie interne. On y vit en autarcie. Il fait construire une chapelle puis un château dont la propriétaire actuelle est la marquise de Labriffe née Monnier, fille du dernier maître des forges. Le haut-fourneau s’éteint en 1870, il est détruit.

Suite à la guerre de 14-18, des changements sont nécessaires dans l’usine. André Monnier, fils d’Edmond, fait appel en 1922 à Georges Guérin. Ce dernier crée de nouveaux modèles de cuisinières et modernise le matériel.

Baudin s’oriente vers la fabrication de cuisinières pour enfants ; dans la production d’objets émaillés et fournit le décor émaillé du Normandie. En 1931, on y réalise un panneau émaillé représentant “le chevalier normand“ qui fut placé sur le paquebot et qui est connu dans le monde entier (voir ci-dessous).

Après la deuxième guerre, les productions vieillissent, les méthodes sont trop anciennes. L’arrière-petit-fils du fondateur ferme l’usine en 1959. La majorité des bâtiments de production est détruite dans les années 1970.

Aujourd’hui, quelques familles habitent encore Baudin. Une association, « Les amis des forges de Baudin », a été créée en 1992. Un musée a été créé.

http://www.racinescomtoises.net/index?/search/10354

 

L’art en renfort de la fonderie

 

La poterie culinaire a été émaillée pour améliorer l’utilisation des pots, tant pour le goût des aliments que pour la facilité d’entretien. La plupart des entreprises qui ont fait de la fonte culinaire et des fourneaux ont donc eu une émaillerie. Comme Dommartin-le-Franc, d’autres fonderies ont vanté la qualité de leur émail, les couleurs, les décors.

La fonderie Baudin n’a pas échappé à cette évolution, somme toute logique. Les catalogues vantent les cuisinières ; la publicité créée par Cappiello montre cependant un désir de sortir de l’ordinaire et d’utiliser des moyens de communication plus percutants. De la même façon, la production de cuisinières-jouets, en fonte émaillée également, témoigne d’une stratégie de diversification. Là où les fabricants de jouets proposaient de la tôle, la fonderie Baudin ne reculait pas devant la fonte : la « Baby Baudin » devait être le rêve des petites cuisinières comme le grand modèle celui des cordons bleus.

Pourtant, au début du XXe siècle, puis après la Grande Guerre, le marché de la fonte culinaire émaillée n’est plus aussi porteur. L’entreprise réfléchit alors à une diversification possible : quand on sait émailler des fontes, ne sait-on pas émailler des panneaux ?

Baudin va donc s’engager dans une production de panneaux émaillés, des décors alliant la robustesse du métal et de l’émail à la richesse de la couleur au service d’un art décoratif.

Laurent Monnier, maître de forges, à Sellières, fréquente le milieu artistique et a des goûts éclectiques : il connaît Sonia Delaunay, Gleizes, Lhote, Pompon. Bibliophile, il rencontre naturellement l’œuvre de Schmied qui excelle dans les reliures d’exception. Son appartement parisien est signé Auguste Perret.

L’idée est donc proche de celle des travaux des relieurs Art Déco qui mélangent des matériaux différents pour faire de la reliure plus qu’un écrin, un œuvre en soi. Laurent Monnier qui a vu des laques de Dunand dans des reliures imagine des laques monumentales sur fonte, réalisées dans son usine jurassienne.

Dans l’ouvrage sur l’usine Baudin (BICHON Bernard : Histoire de l’usine métallurgique de Baudin (1794-1959). Les Amis des Forges de Baudin et Société d’émulation du Jura, 2007, préface de Claude-Isabelle Brelot. Cahiers Charles Fourier, 2007 / n° 18, en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article530 (consulté le 5 juillet 2014) qui nous sert de référence, se trouve un tableau des œuvres qui entrent dans ce cadre : chemin de croix, décors variés, voire panneaux publicitaires pour la marque Valisère.

La réalisation la plus spectaculaire est le Chevalier Normand qui décore bien sûr le Normandie, le paquebot le plus célèbre de la ligne de l’Atlantique Nord, le bateau qui sert de vitrine à l’Art déco, aux talents de plus grands créateurs de l’époque et aux techniques valorisant le bois, le métal, le verre, le tissu…

Baudin réalise sur le modèle de l’artiste, Schmied, 32 m2 de métal émaillé, soit 85 plaques de 50 X 60 cm environ. La partie centrale (45 plaques) était coulissante et donnait accès à la chapelle du paquebot.

Le Chevalier normand a bien été installé sur le bateau. Lorsque le paquebot a été désarmé, l’œuvre a été démontée, vendue et est désormais exposée dans un immeuble (le Normandy) aux États-Unis.

D’autres réalisations ont été commandées et faites à Sellières. On peut en voir certaines – et découvrir des états intermédiaires dans le processus de production – lors des expositions annuelles organisées par l’association. De fait, si Baudin peut s’enorgueillir du Chevalier Normand, cela n’a pas été un succès commercial. D’une part le monde de l’art a des exigences très différentes de celle de l’industrie ; d’autre part, pour arriver à un panneau parfait, il fallait de nombreux essais, des échecs, des ajustements : tout ceci rendait l’opération prestigieuse et non rentable. Ce qui déboucha naturellement sur la décision de renoncer.

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